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 Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...

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Euzen
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MessageSujet: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Sam 27 Avr - 23:41

Euzen



        « Qu’il soit noir, juif ou arabe, un type bien est un type bien et un enfoiré sera toujours un enfoiré. »
          de Guy Bedos




    Et l’enfoiré en question, est blond cette fois ...

    La nouvelle était tombée quelques jours auparavant, telle une masse frappant son enclume et les paroles de la petite fleur avait eu le même bruit de résonnance dans le crane du borgne. Il n’y avait tout d’abord pas cru, pensant à une farce. La situation le laisser penser pourtant … Retour après long séjour loin de chez eux … En taverne, seul avec sa cousine … Unique intrus : sa belle-mère dans un état similaire … Alors non, dans les premiers instant, il n’avait pas voulu y croire, pas elle, pas Flora. Ca, s’était la première étape : Le déni. Puis est venu la seconde : L’insistance. La sienne, à vouloir faire avouer aux deux femmes leur mauvaise plaisanterie, et la leur, a essayé de lui faire comprendre qu’elles étaient parfaitement sérieuse. Se succédèrent alors la trois et quatrième phase : La stupeur et la colère, à laquelle se mêler une déception sans borne qui ne faisait que l’attisé.

    Sa cousine était bel et bien enceinte …

    A cette simple pensée, son sang ne fit qu’un tour. Qu’il avait été niais de lui faire confiance, de la croire différentes des autres greluches qui ne songent à attirer l’attention des hommes. Dix-huit années au couvent ne lui avait rien appris car finalement, elle ne valait pas mieux que ces filles de fermes séduites par le premier venu. Et comble du comble, le fiancé et futur père ne savait rien de son tout nouvel état ! Le retour de la petite fleur à Limoge sans qu’elle en est informé son fiancé, ne laisser rien présager de bon au regard du jeune seigneur et il était hors de question pour lui que la Navailles termine fille-mère ! Qu’importe si pour cela, il devait trainer l’Ambroise à l’église par la peau du fessier et placer une dague sous son gosier durant toute la cérémonie pour obtenir un « oui je le veux » de lui. Les navets et les framboises célébrerait un nouveau mariage !

    C’était d’ailleurs dans le but de régler deux trois détails concernant cette partie de l’affaire que le Corniaud avait pris la décision … sur un coup de tête … de rejoindre le Berry et plus précisément Louvière, seul. La raison officielle est qu’il serait plus rapide ainsi. La raison officieuse est qu’il ne supportait plus personne en ce moment. Même Augustin recevait ces foudres, fait rarissime. Habituellement, l’espagnol se contentait de calmer celle que d’autre pouvait déclencher chez son jeune maitre …

    Il devait mettre tout cela au clair avant de devenir fou.

    Il avait donc galopé jusqu’au domaine du Sidjéno avec pour seul bagage, les sacs de scelle qui contenaient vêtement et provisions. Il n’avait pas l’intention de s’attarder plus que nécessaire, son petit périple hors des terres Limousines étant parfaitement clandestin. Mais le voyage ne se faisait pas en jour, il devait donc prévoir. Arrivant en vue de l’immense bâtisse, il se fit violence et n’approcha qu’au trot, puis au pas, dans le seul but de préservé sa monture. Mais une fois qu’il fut à terre, il n’y tient plus. Voilà des jours qu’il ruminait, cogitait, enrageait. La fatigue du voyage, s’ajoutant au peu de sommeil que ces pensées lui avaient permis d’avoir, lui fit lâcher prise sur sa maitrise et, impatient, il gravit le perron pour frapper la lourde de porte en bois à pleine poigne.



    - Ouvrez ! Mais Nom du Chien, ouvrez ! Nathan ! Montre toi! Sors de là ! Tout de suite !


    Et le fait, que le jeune homme en question ne sache rien de l'affaire qui l'amenait, avait déserté l'esprit du borgne. Qu'importe après tout, il avait consciemment dépuceler sa cousine et s'était une raison plus que suffisante pour vouloir lui en coller une. Ou plusieurs ... Le polichinelle n'avait été que l’étincelle ayant mis le feu au poudre ...


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Euzen
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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Sam 27 Avr - 23:46

Nathan



« Dans la vie il y a enfoiré et enfoiré. Je m’explique, il y a l’enfoiré de base que l’on qualifie ainsi juste pour imager ses actes. Et, par ailleurs, l’enfoiré classe, moi. Celui pour lequel l’image ne suffit pas. » De Nathan.



La vie à Louvières se métamorphosait en quelque chose de plus vivace, au plus grand bonheur de tous. Nathan après s’être ennuyé des semaines entières, avait finalement trouvé une occupation qu’il avait souvent dénigrée. Le travail. Chose qu’il n’avait jamais connu, hériter de la fortune de sa brillante mère ce n’était pas mal. Quoiqu’il en fût, il s’appliquait à sa manière à la tâche qui lui était incombée. Pour sûr sa mère détenait des boutiques, échoppes et des propriétés. Tout ce qui rapportait de l’argent. Pendant dix-sept ans, sa tant Almodie avait géré cette entreprise familiale du main de fer, laissant ainsi à son doux neveux adoré, une fortune considérable.


Cependant la réalité est difficile à avaler. Nathan pensait n’avoir rien à faire de sa vie pouvant se pavaner et se prélasser dans le luxe pour le restant de ses jours. Grossière erreur, il était temps de reprendre les affaires. C’était donc dans son bureau que nous avions le plus de chance de le rencontrer. Evidemment, ce-dernier avait pris des allures, comment dire… Un peu vestimentaire. Vêtu de simple braies Nathan avait autour de lui un personnel s’appliquant à la tâche. Conseillers vestimentaires qu’il n’écoutait pas. Conseillers économiques, qu’il écoutait légèrement. Intendant qu’il écoutait et faisait le contraire de ce qu’il disait avec pour bonne raison –Vous avez toujours tort-


Chemises, manteaux, cols, capes et tout le reste d’une garde-robe d’un garçon pourri-gâté défilaient en face de lui entre deux contrats et une bouchée de macaron. Le tout s’inscrivait dans les traits d’un homme d’affaire soucieux de son image ! Quelques fragments de paroles étaient audibles et faisaient parler le personnel de Louvières. Le jeune blond n’entendit les hurlements qui lui étaient adressés de l’extérieur.


Son intendant homme à tout faire lui oui. Il se précipita à la porte d’entrée et vit un homme blond. Il ne l’avait jamais vu. Il lui dit : «
Bonjour, qui dois-je annoncer ? » Il prit le temps de mémoriser le nom et poursuivit : « Bien, veuillez me suivre. » Et débuta une traversée dans l’hôtel particulier, symbole de la consommation ostentatoire du propriétaire. Ils arrivèrent en face du bureau de Nathan, l’intendant ouvrit la porte et s’adressa à Nathan : « Euzen de Montbazon-Navailles ! »


Nathan se leva de son siège, il était vêtu de braies. C’était devenu un rituel d’accueillir les imprévus en braies. Tel un lapin sortant de sa tanière la paperasse s’envola, il se demandait pourquoi cette désagréable visite. Tout le monde savait l’affection qu’il portait à Euzen. Il avait même appelé son chien Euzen, pour dire…
Il s’adressa à Euzen : «
Euzen, quelle mauvaise surprise ! Vous ne vous êtes pas perdu dans les forêts Berrichonnes ? Bien dommage. Bref ! Pourquoi votre visite ? Ici à Louvières ? Sachant que je croule sous le travail. » Des sourires forcés accompagnèrent l’ironie de ses paroles. Il ne supportait pas le blond, il lui vouait une haine sans précédent.


Bien évidemment Nathan ne se doutait nullement de la raison pour laquelle le blond avait fait le déplacement. Son comportement aurait été un tantinet différent. L'ignorance est parfois cruelle.

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Euzen
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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Sam 27 Avr - 23:47

Euzen




        « Il n’y a rien de pire que l’attente quand on y est contraint. »
          d’un inconnu.




    La sienne ne furent guère longue, ces cris et autre joyeuseté avaient dû en alerté plus d’un dans la demeure mais à son grand damne, ce n’est pas le Sidjéno qui lui ouvrit. Evidemment, il s’était bien douté que, prétentieux et délicat comme il pouvait l’être, ce gamin n’était du genre à venir ouvrir lui-même la porte aux visiteurs. Mais un mince espoir avait perduré tout même quant au fait que, peut-être, le tintamarre provoqué et les appelles directement destinés, l’avait personnellement attiré et qu’il pourrait régler ces comptes avec lui sitôt la porte ouvert.

    Espoir mort à présent qu’elle l’était …

    Car ce n’était pas le propriétaire du lieu qui se tenait dans l’embrassure mais un homme nettement plus âgé. Combien exactement, il n’aurait su le dire. Il avait cette aspect sobre, tranquille, constant, qui donnait, à ceux qui l’arborer, une impression d’éternité. Qu’ils aient vingt ou cinquante ans, on était bien incapable d’affirmer quoi que ce soit sur eux, malgré les signes physiques. Ils étaient des statues et le monde pouvait bien s’écrouler autour d’eux, ils ne bougeraient pas d’un fil. Tout juste auraient-ils un peu de poussière sur la manche, aussitôt balayé du revers de la main. Mais loin de ces pensées philosophiques, le borgne rongeait son frein. Même si l’échéance de la confrontation approché, il devait encore attendre. Attendre et répondre. C’est d’ailleurs ce qu’il fit dès que son identité fut quémandée.


    - Euzen de Montbazon-Navailles …

    Loin de faire une histoire ou une quelconque remarque sur les circonstances de son arrivé, l’homme le conduisit dans les dédales de couleurs. Un instant, en entrant, le Corniaud hésita à essuyer ces pieds mais il n’en fit rien et trouva même un malin plaisir à jeter quelques coups d’œil au-dessus de son épaule, tandis qu’ils avançaient, pour voir les traces de boue laissé par ces bottes sur les divers tapis qu’elles voulaient. C’était petit et ridicule pour le commun des mortels, mais il savait quel attachement le jeune d’Ambroise pouvait avoir pour ces biens matériels quand ceux-ci avait une certaine valeur. Alors il se mit à espérer que les carpettes souillées soient hors de prix.

    Mais les couvres sols furent rapidement oublié quand son iris se posa … enfin … sur Nathan. En braies … Une demi-seconde le Corniaud se figea de stupeur. Il ne s’était jamais figuré le jeune homme ainsi, dans un tel habit. Lui, si attaché à ces vestures, si délicat et rébarbatif quand il s’agissait de mode, se promenait dans un vêtement aussi simple ? Incroyable. Son regard glissa alors sur lui et, même s’il ne l’avouerait à personne et surtout pas lui-même, ce qu’il vit lui plus. Réalisant sa pensée, le jeune seigneur se maudit intérieurement et l’irritation, qui le prenait à chaque fois qu’un fait lui rappeler se penchant dont il avait si honte parfois, se mêla alors à celle, très vive, qui l’avait conduit ici. Le tout n’avait duré qu’une demi-seconde … ou une ... deux maximum. Avisant les domestiques présents d’un bref coup d’œil, il les chassa sans ménagement.



    - Dehors ! Tous dehors !


    Alors son œil se posa de nouveau sur Nathan et sa bouche se tordit en un rictus de mépris, tandis que son nez se plissé et sue ces sourcils se froncés, traçant sur son visage le masque d’une colère que peu de personne avait eu l’occasion d’observer chez lui. L’animosité qu’il portait à l’instant même au blond était profonde et sourde, loin de ces coups de sang dont le Navailles était souvent sujet et qui disparaissaient aussi rapidement qu’ils étaient venu. Le baronne du Sidjéno n’aida bien-sûr en rien, à calmer son courroux …

    N’écoutant d’ailleurs que cela, le jeune seigneur se précipita sur son homologue capillaire. Si ce dernier avait été habillé, il l’aurait certainement saisit par le col pour l’envoyer valdinguer plus loin, mais sa victime-bien-coupable étant en quasi tenue d’Adam, le borgne le saisit à la gorge et serra autant qu’il put. Son unique iris vivant flambé de la rage qu’il éprouvait à l’instant même.



    - Pourquoi ma visite ? Tu n’en as pas une petite idée, Chien galeux ? Non ? Pas la moindre ? Tout en parlant, le Montbazon s’était approché de l’Ambroise, le tenant toujours. La suite, il la siffla presque entre les dents, à quelques centimètre de son oreilles. Alors je vais te la dire, espère de Larve, quand on dépucelle une fille de bonne famille pour le faire un chiard, il faut ne pas s’attendre à recevoir un mot de remerciement …


    Alors, il le lâcha puis fit un pas en arrière. Et, sans prévenir, son poing droit s’abattit sur la joue du jeune pédant …


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Euzen
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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Sam 27 Avr - 23:48

Nathan



« Rares sont les personnes qui ont réussi à me frapper. » De Nathan



Tout s’était passé à une vitesse limitant la capacité anticipatrice que détenait le jeune Sidjéno. Il n’avait en aucun cas prévu la violence qui allait se jouer au sein de son bureau. Lui qui de tout temps essayait d’éviter l’agressivité accordant ainsi une place importante à la rhétorique. Manier les mots était plaisant, une réelle maîtrise ne lui était pas encore conférer. Néanmoins il entrainait cet art avec un grand intérêt. Euzen allait le découvrir.


Toutes la valetaille sortit sans broncher face à la force de la voix du Montbazon. Nathan ne resta pas de marbre face à ce déchainement. Il ne prit pas peur, il fut étonné. Ses lèvres s’entrouvrirent naturellement et un début de parole se fit entendre «
Mais Euzen, en voilà des mani… » Qui fut coupée par le courroux du borgne. Sa gorge était prisonnière de la force de ce-dernier. Nathan sentait toutes les pressions allant crescendo d’Euzen. La douleur était intenable. S’il l’avait voulu, la mort se serait invitée dans Louvières.


Désarmé, le jeune blond subissait, il adressa un regard implorant le calme de son étrangleur. Il espérait. Voilà bien longtemps que cela ne lui était pas arrivé, las de tout, il ne croyait plus en rien. Seulement dans les croyances religieuses, permettant une subordination de son existence. Les limites, pour sûr, il ne les connaissait pas. Il les dépassait allégrement sans aucune gêne ne se fasse sentir.


Les insultes fusèrent de la bouche d’Euzen, Nathan ne comprenait pas le pourquoi du comment. Il ne comprenait pas cette colère. Ce n’est qu’après, tel un serpent se faufilant derrière son oreille. Que le borgne lui donna la raison de sa fureur. Le supplice était insoutenable, le blondinet suffoquait. La peur avait finalement prit le dessus. Lui annoncer qu’il allait avoir un enfant était une chose à ne pas faire. Nathan ne se sentait pas prêt face à un enfant, une réelle peur en découlait ! Il essaya alors de se débattre en vain.


Finalement l’étreinte se relâcha. La gorge en feu, Nathan avait trouvé par son bureau un accoudoir de mauvais augure. Il se massait la gorge, laissant un dégagement, une voie royale, sur sa joue. Et un poing s’abattit sur sa délicate joue. Le propulsant ainsi à terre. La surprise était de taille !


Il resta à terre quelques secondes, le temps de reprendre ses esprits et de réfléchir à une réplique possible. Il se frottait la joue délicatement tout en prenant son temps. Euzen était hors de lui et le garçon au poisson orange avait bien décidé de se venger de cet affront. On ne le frappait pas sans conséquences. Profitant de la vulnérabilité d’esprit d’Euzen, Nathan se releva.


Il lui adressa un regard si noir que l’enfer aurait pu s’y loger. Un esprit endiablé se profilait sous la blondeur de sa chevelure. Son regard sympathique s’effaça, tira révérence au profit d’un regard hautain et provocateur. Certes ce regard était quelques peu atténué par la simplicité de sa tenue. Un sourire mesquin apparu et Nathan s’adressa avec un ton piquant au vif à Euzen : «
Belle démonstration de votre force. Un besoin d’assouvir sa supériorité physique ? Remarque, je vous comprends Euzen, vous êtes tellement entouré de femme, que votre masculinité s’en efface. » Il rit légèrement, la haine s’emparait de lui. Il ne quitta pas le regard d’Euzen et mangea un macaron. Il eut mal de bouger trop amplement sa joue, mais ça faisait snob et il aimait ! Finalement, le Sidjéno reprit : « Allons Euzen, vous êtes bien naïf. Vous pensiez réellement que votre cousine allait me résister ? La niaiserie disparait de ce monde. Si vous voulez tout savoir j’ai pris un immense plaisir à procéder à l’acte avec elle. Le pire sous vos yeux. Souvenez-vous, au bal masqué… » Il lui adressa un regard haineux.


Il poursuivit : «
Donc voilà, je vais être père … J’espère que cela vous ennuiera profondément ! Car vous allez me compter dans votre maudite famille Euzen. Je prendrai un malin plaisir à vous rendre la vie insupportable. Mais bon, un niais qui croit en la vertu de sa cousine. Qui croit qu’une tante et une servante surveilleront les jeunes tourtereaux. J’en pleurs Euzen, vous me faites rire. Je vous prie maintenant de quitter ces lieux. Avant que je fasse venir ma garde. On ne me frappe pas sans en subir les conséquences. L’argent achète tout… » Des menaces oui. Il continua de le regarder se demandant si sa haine qu’il lui vouait était entièrement fondée.


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Euzen
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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Sam 27 Avr - 23:49

Euzen




        « Peu d’homme peuvent se prévaloir d’avoir, un jour, retenu mon attention ainsi. Toi si. »
          d’Euzen.



    Beau … Il est beau …

    Fut la seule pensée qui fusa dans l’esprit du borgne quand l’attitude du Sidjéno changea. Finit l’air nonchalant. Envolé l’attitude de petit bourgeois péteux. Il laissait enfin la place à l’homme et cela perturba les sens de son ainé. D’abord la tenue … Maintenant l’attitude … Le jeune seigneur recula d’un pas, tiraillé. Il avait l’habitude se ressentir cet attirance pour la gente féminine, il en jouait et aimait cela. Sa préférence n’allait pas vers une typologie de femme en particulier, il était capable d’apprécier autant l’attrait des petites que des grandes, des menues que des rondes, des pâles, des métis, des brunes, des blondes ou des rousses. Il n’acceptait pas tout mais beaucoup tant qu’elles avaient un fond de charme indéniable.

    Mais pour les hommes, s’était une toute autre affaire …

    Seul deux l’avait vu commettre le pécher de chaire. L’un n’avait été que l’histoire d’un soir, le second était beaucoup plus régulier. Malgré tout, le borgne tentait de combattre cela, bien qu’il y céda très souvent. Il ne devait pas, n’avait pas le droit. Son malaise ne se dissipait jamais complétement, le rendant souvent brusque, parfois violent avec son amant espagnol. Il reportait dans l’acte lui-même la violence des sentiments contradictoire que les gestes faisaient naitre en lui. Pourtant, il aimait cela, portant même une farouche affection à celui qui subissait ces assauts, et se maudissait pour la même raison. Le Corniaud n’assumait pas cette partie de lui. Ce n’était pas … normal.

    Et tandis que son œil se détacher enfin de l’inspection minutieuse, quoi que rapide, qu’il avait fait subir au propriétaire de Louvière, les mots de se derniers le frappèrent en pleine face. Ils le glacèrent et le firent bouillonner tout à la fois. Le blond avait raison, le borgne le savait mais ce n’était déjà pas plaisant à savoir et s’était pire à entendre. La rage qui s’était dissipé, un instant durant, refit surface. Son poing, endolorie par sa rencontre avec la mâchoire Ambroise, se sera et desserra, prêt à frapper de nouveau. Il en crevait d’envie, pour faire taire cet insolent mais surtout, oui surtout, casser le charme qui en émanait depuis qu’un nouveau lui était apparu …Mais soudain, il comprit. Le blond était en train de jouer au même jeu que celui auquel, lui-même, soumettait Balian, parfois. Attitude froide, parole acerbe, tout cela pour un seul but. Enerver son camarade de jeu. La version verbal du Chat et de la souris.


    Un fin sourire tira la commissure de ces lèvres.

    « Félicitation Nathan, tu as presque réussit … »


    Fort de cette constations et de cette pensée, il se calma. Ou du moins, il en donna l’impression car ces entrailles, elles, se tordaient toujours de colère contenue. Mais les traits de son visage retrouvèrent leurs tracés habituels et la tension, qui tendait son corps à l’ extrême, retrouva un niveau normal. Sans prévenir, il tourna les talons. Mais il ne prit pas la direction de la porte comme l’avait stipulé l’Ambroise, mais celle d’un siège, trônant plus loin. Sans y être inviter et sans demander la moindre autorisation, il s’y installa. Confortable … Ces bras trouvères les accoudoirs, tandis que ces jambes se croisèrent.


    - Que neni Nathan, je ne bougerais pas d’ici avant que d’avoir obtenu quelques engagement, écrit et signé ceux-là, puisque votre parole ne vaut pas un clou. Targuez-vous donc de l’avoir séduite, dépucelé et engrossé, vous ne serez après tout, pas le premier à faire cela à une femme, mais maintenant vous allez devoir assumé et vite.

    Dans un tempo mesuré, ces doigts commèrent à pianoté sur le bois de l’accoudoir.

    - Quel jour de février vous conviendrez le mieux pour le mariage ?


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Euzen
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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Sam 27 Avr - 23:50

Nathan



« On se vouvoie de nouveau ? C’est bien dommage, j’appréciais le tutoiement. » De Nathan.



De toutes évidences, Nathan savait manier les mots. Le plaisir d’énerver, le plaisir de manipuler, le plaisir d’insulter sous des façades métaphoriques plus belles les unes que les autres, tous ces petits plaisirs, l’amusaient. Le malin plaisir était à dissocier du simple plaisir. Cependant, il y avait en Euzen quelque chose qui ne fonctionnait pas. Nathan ne le savait pas encore, ce n’est qu’après sa réponse, que l’affirmation s’effondra laissant ainsi la place au savoir, à la compréhension à la bienheureuse ou triste réalité. Il ne pouvait pas relativiser du bon ou du mauvais, c’était bien trop. Mais, Nathan était sûr d’une chose. Euzen de Montbazon-Navailles lui ressemblait. Non pas physiquement, et heureusement, être borgne, ne siégeait pas dans le palmarès des caractères de beauté du jeune blond. C’était mental, peut-être même dans les mœurs, mais ça il ne pouvait le savoir à ce moment. Il y avait entre Euzen de Montbazon-Navailles et Nathan Sidjéno d’Ambroise, plus de points communs qu’il ne pouvait se l’imaginer. Cette vision l’effrayait, cela était tout à fait compréhensible, à dix-huit ans, il ne souhaitait pas entrer entièrement dans le monde des « adultes » ni quitter définitivement le monde des « enfants ». Pour certains c’était déjà fait, pour lui, rien n’était encore décidé. De cela en découlait une versatilité de sa maturité.


Le garçon au poisson orange, cru voir son monde s’écrouler lorsque le borgne lui accorda une réponse qui mettait à la lumière du jour son petit jeu. Il était habile, il n’était pas tombé dans le cœur de la partie, il se tenait à l’écart mais non pas sans désintéressement. Nathan restait près de son bureau, anéanti, il le regardait. Il détaillait ses faits et gestes, ses paroles, sa personne. Il crut un moment qu’il allait s’évanouir. Désarmé face à tant de calme, de réflexion… Qu’il était consciencieux ! Il se sentit violé, d’avoir était autant analysé avec minutie, d’être compris dans ses moindres recoins. De légers tremblements quasi-imperceptibles émanaient de tout le corps de l’Ambroise. Il ne savait plus quoi dire, quoi faire, déboussolé, perdu… Il ne voulait pas quitter la pièce, la bataille avait été perdu, mais pas la guerre. Quitter la pièce revenait à abdiquer et cela, il se le refusait. Il évitait certes les conflits, mais allait au front quand cela était nécessaire. Et la circonstance faisait que, oui, il allait se battre. Il aimait Flora, mais n’allait pas se faire marcher dessus, n’allait pas céder à toutes les demandes faites par Euzen.


Il s’avança vers le blond et alla s’asseoir sur le fauteuil en face. Il ne se sentait pas gêner de rester en braies face à lui. Bien que d’habitude, son apparence et ses apparats étaient primordiaux. Il posa ses jambes sur la table basse. Il prenait ses aises, après tout, il était chez lui. La politesse ? Il la connaissait qu’avec certaines personnes. Il regarda Euzen à travers ses mèches blondes tout en essayant de lutter contre la douleur de sa gorge et de sa joue. Il voulait jouer à l’homme face à lui, il voulait être plus fort que lui. Une volonté de dépasser quelqu’un… C’était la première fois que ce désir apparaissait chez Nathan, son égocentrisme avait pris une raclée mémorable et là, pour une fois, il se devait de dépasser quelqu’un. Son argent, ses biens, sa beauté, n’étaient pas des atouts qui influençait ce jeu, extrêmement désarmé, il se lançait dans la bataille et lui répondit avec froideur : «
Ma parole ne vaut rien… Je ne vois pas en quoi je vous ai donné ma parole une seule fois Euzen. Je ne vous ais rien promis, ah si, vous la ramener en vie. Parole tenue. Concernant la copulation rien n’avait été clairement dit. Vous n’aurez aucun engagement, je me garde d’apposer ma signature sur vos documents. Vous m’avez obligé de me fiancer, cela devrait suffire. Mais vous voulez toujours plus. » Son regard n’avait pas baissé, et c’était sans aucune gêne, qui lui jetait son regard haineux en pleine figure. Effronté ? Oui il l’était.


Il reprit : «
Voyez-vous, il fut un temps où je vous vouais un respect. Ce temps est révolu, vous n’avez pas su vous y prendre avec moi. Vous m’avez tout simplement répugné. Pour vous, une bague de fiançailles où le prix se chiffre avec trois zéros est une matérialisation de l’amour. Que vous êtes horrible. Pour moi, l’amour ne peut se matérialiser de la sorte. » Il se leva, un compliment avait été fait malgré lui envers Euzen. Il ne le supportait pas et se dirigea vers une fenêtre et au travers, le vide se fit regarder. Nathan poursuivit, lui tournant le dos, le ton n’était plus au froid, mais il à la tristesse : « Il n’y aura pas de date de mariage, tant que votre confiance entière ne me sera attribuée. Mon amour envers Flora est sincère. Mais il n’est pas suffisant pour épouser votre famille. C’est à vous Euzen, de faire ce qu’il faut. Pas à moi. »


Il ne s’avouait pas vaincu, ni triomphant. Il était tout simplement, perdu et profondément attristé. Il se frotta délicatement le cou et attendit un quelconque signe de la part du borgne.


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Euzen
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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Dim 28 Avr - 0:39

Euzen




        « Toucher ! Coulé ? »



    Rien n’avait été clairement dit …

    Ou l’hôpital qui se fou de la charité. Le borgne secoua légèrement la tête. Péteux, immature et plein de mauvaise foi … Il retrouvait le Nathan qui connaissait le mieux. Les divers changements d’attitude du blond n’avaient pas échappé au Corniaud. De la stupéfaction première, à la crainte qui avait suivi, jusqu’à sa tentative de reprise, pour finir sur sa nervosité actuelle et apparente. Sa bougeotte le trahissait. Il ne l’avait pas quitté de l’œil quand il avait chanceler, puis était venu s’installer un instant devant lui. Il aurait préféré se tuer plutôt que de l’avouer, mais il en avait même profité. Comme il profité actuellement de la vision que l’Ambroise offrait à son insu. Apollon a demi-nu, dont les détails du corps étaient contrastés par la différence entre la lumière intérieur et extérieur, l’inconscient du jeune seigneur n’avait aucune peine à comprendre la faiblesse de la petit Fleur. Mais l’inconscient seulement …

    Après les paroles du Sidjéno, il laissa un long silence plané. Volontaire ou involontaire, rien n’était sûr. Mais une chose l’était : Le borgne réfléchissait. Encore une fois, son interlocuteur avait éveillé un double sentiment chez lui, colère et amusement, et il ne savait à qui donner la primeur. Colère car il était évident … ou non … que le jeune arrogant de moquait de lui avec sa remarque sur la copulation, cause et raison de sa venue ici. Mais amusement tout de même, car voir le gamin se dépêtrer comme il pouvait, en attaquant puis en fuyant, le distrayait beaucoup. Ils n’étaient, décidément, pas si différents. Même jeu, même réaction, même manière. Le borgne se permis un nouveau sourire. Alors pour trouver la réponse à son dilemme, il songea à lui-même. Qu’est-ce qu’un tiers devrait faire avec lui pour atteindre son but ? Hum … Mais quel était son but déjà ? Excellente question. Ou voulait-il menait l’Ambroise ? Dans son li .. Devant l’autel ! Oui, devant l’autel, juste devant l’autel.


    Discrètement, il se racla la gorge.


    Et enfin, il prit le partie de sortir de sa torpeur et se leva. En quelques enjambés, il avait rejoint son homologue capillaire. Il resta à bonne distance, évidement, et pris la même position que lui. Regard vers l’extérieur, perdu sur un point inconnu, et mains croisées dans le dos. Le braquer ne servirait à rien. L’amadouer n’était peut-être pas possible, néanmoins, il tenterait. Alors, son ton, quand il prit la parole, n’avait plus rien d’agressif, ni d’ironique ou de sarcastique. Il était … neutre. S’il voulait le dompter pour arriver à ces fins, il devait amener le Sidjéno dans de meilleures dispositions et donc, lui faire intégrer son point de vu.


    - Ne soyez pas de mauvaise foi, Nathan, vous savez parfaitement que vous avez fauté en faisant acte de chair avec elle avant le mariage. Certes, vous n’avez pas donné explicitement votre parole de ne pas la toucher, mais vous n’êtes pas stupide à ce point, vous avez reçu une éducation et vous savez très bien à quoi engage des fiançailles. Hors vous n’avez pas respecté votre engagement. Des fiançailles me suffisaient, cela n’est plus le cas.

    Il risqua un regard vers lui, détaillant son profil, avant de reprendre son observation initial. Il abordait à présent, un sujet beaucoup plus épineux.

    - Mais vous n’avez pas tout à fait tort, tout en vous trompant complétement. La bague … Les fiançailles … Ce n’est pas une matérialisation de l’amour, pour moi, seulement de l’avenir. Vous aimez Flora ? Tant mieux, je ne vous en demanderais pas tant. Mais ce que je vous demande en revanche c’est de lui assurer un avenir convenable. Hors, dans la situation qui est la sienne actuellement, il est plus que pitoyable, par votre faute à tous les deux. Seul un mariage rapide arrangera les choses et vous le savez.

    Finalement, il s’approcha du dos de l’Ambroise. Il ne le toucha toujours pas, l’effleura à peine et le ton bassa au rythme de l’approche.

    - Et si ma confiance vous est si précieuse, Nathan, il fallait y songeait avant d'enfonciez votre verge en elle … Car vous l’avez perdu à l’instant même …

    Il recula d’un pas et reprit une tonalité de voix normal.

    - Fixez une date, épousez la, rendez lui sa respectabilité, et ma confiance vous sera de nouveau acquise. C’est à vous de prouvez que vous la méritez, c’est de votre seul fait que vous l’avez perdu. Prouvez moi que votre parole vaut quelques choses finalement. C’est à vous Nathan, de faire ce qu’il faut. Pas à moi.

    Volontairement, il avait repris au mot prêt, les dernières paroles du blond.
    La bataille continuait …



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Euzen
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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Dim 28 Avr - 0:41

Nathan



« Coulé si facilement ? Ah non, vous faites erreur. Je prends conscience. » De Nathan.



Fixant inlassablement les jardins de Louvières, qui, même en hiver gardaient en eux l’auguste de la saison estival, Nathan attendait qu’un seul signe de la part du blond. Un tout petit signe qui lui permettrait de lui redonner un sourire, une envie de faire le bien. L’âne ne marchait qu’à la carotte, Nathan, lui ne marchait pas à l’argent comme beaucoup de personnes pouvaient se l’imaginer dans leurs esprits fertiles. Non, le garçon au poisson orange fonctionnait à l’approbation d’autrui, à ses félicitations, remerciements, sa confiance attribuée. Bien évidemment le fait de se baser sur ces critères afin d’être heureux, entraine indéniablement une fluctuation du bonheur en continue. La tristesse s’abattait si rapidement chez Nathan à la moindre contrariété. Enfant pourri gâté ? Non, il ne fallait pas le voir ainsi. Très peu de personnes savaient la vie de Nathan en son entier. Le jeune blond n’avait pas le droit de blâmer les quolibets, les remarques, les insultes des autres car il vivait dans l’ignorance à son égard. Mais au plus profond de lui, ne sachant pas pourquoi, il n’espérait qu’une chose, la sympathie d’Euzen, sa confiance, son amitié et plus encore. Le seul souci que rencontrait le blondinet était que les deux protagonistes de cette terrible affaire, ne voulaient pas céder. Pour sûr leurs arguments étaient tout à fait soutenables et fondés. Il n’attendait qu’un simple signe, un signe montrant sa volonté d’avancer. Nathan rendait, dans ce genre de moment au centuple et réciproquement quand le signe était négatif.


Il commença à l’écouter, à l’affut de l’accomplissement de ce petit critère. Mais rien n’avait été dit. Il le sentait se rapprocher, se glisser une nouvelle fois à son oreille. Il n’était pas mal à l’aise lorsqu’il l’effleura, il ne répondit pas à ses attaques. Il plaçait toutes son intention sur un seul mot, qui au final ne sortit pas. Il était resté pendant tout ce temps en fixation sur les jardins. Il les trouvait tout simplement magnifique. Il aimait Louvières, seul vestige de sa mère. Lorsqu’Euzen se tut, Nathan soupira tristement. Il ferma les yeux quelques instants, s’autorisant à l’égarement de la jeunesse. Comme si, le besoin de rêver était vital. Pour sûr le naturel ne tuait pas, et rêver… Rêver… Il secoua la tête très rapidement, à limite du tremblement. A cran, énervé jusqu’en son for intérieur. Ses espoirs étaient brisés. Sa tête se décomposa et il se retourna brusquement. La délicatesse qu’habituellement, il faisait preuve s’évapora. Il alla près d’une chaise où se trouvait une chemise, l’enfila et s’énerva à cause des boutons. Nathan dix-huit ans ne sachant toujours pas boutonner calmement une chemise. Ce n’était pas la faute de ne pas à avoir essayé ! Une fois la chemise mise, il se dirigea vers un guéridon, il saisit alors le vase qui était posé dessus. Faire abstraction de la valeur de l’objet et le jeter aux pieds d’Euzen. C’est ce qu’il fit, la colère monta en lui et jeta de toutes ses forces le vase aux pieds d’Euzen.


Rupture. Par ce geste Nathan désirait montrer beaucoup de chose à Euzen. Tout d’abord son énervement, sa déception, sa tristesse et pour le reste, la parole prit le dessus, il lui dit tout en s’avançant vers lui : «
Salezart* ! Idiot ! Crétin ! Tu n’as donc rien compris ! J’attendais qu’un seul mot positif ! Quelque chose qui aurait pu me prouver que tu possédais un cœur ! Quelque chose… de… AH je ne sais pas ! Je te hais ! Retourner mes propos en une sorte d’ultimatum n’était pas la chose à faire ! Tu es sans cœur, d’une froideur sans aucune équivalence ! Je ne sais plus quoi penser par ta faute. Tu viens ici pour me faire prendre conscience de mes actes ? Ce n’était pas à toi de le faire ! Tu n’avais pas à venir et me dire ce que je devais faire. Tu aurais dû rester terrer à Limoges, en ermite détestant tout le monde ! Ta froideur entrave le bonheur de nombreuses personnes ! Et moi qui pensais… » Il le regarda, la colère ne descendait pas, elle composait en parfaite harmonie avec tristesse et déception. Il était juste devant lui. A quelques centimètres. Il prit conscience que le borgne ne lui était pas indifférent. Sentiment détestable. Il termina par : « Tu veux quoi ? Jouer avec moi ? Je pense que tu as réussis. Tu es fier de toi ! Tu as réussis à prouver encore une fois que j’étais immature. Mais j’en ai que faire de ton avis, tu me répugnes. » La véracité de ces derniers propos n’était en aucun cas fondée, sous la colère les paroles divaguent et s’entrelacent avec son contraire. Nathan lui tenait tête encore une fois, il ne voulait pas céder.


*Salezart = Salaud en Berrichon.

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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Dim 28 Avr - 0:42

Euzen




        « Serais-tu à l’image d’un dé à six faces qui en dévoile une nouvelle à chaque lancé ? »
          d’Euzen



    Déconcerté, dérouté, le borgne l’était de nouveau. Il aurait pu envisager beaucoup d’éventualité de la part de l’Ambroise, mais pas à celle-là. Non, pas celle-là … Il avait attendu une réponse quand il s’était tut. Une pique, une réaction Nathanesque comme seul le gamin pouvait en avoir le secret parfois. Mais rien. Tout ce qu’il obtient fut un soupire, qu’il prit, un instant durant, pour un signe de victoire pour lui, de rédemption pour le blond. Il ne l’avait pas quitté de l’œil quand il bougea, pivotant sur lui-même pour le suivre du regard. Il n’avait pas non plus perdu une miette de sa tentative, fructueuse quoi que difficile, de rhabillage. Esquissant un sourire de le voir peiner autant mais devant se faire violence pour ne pas aller l’aider. Pourquoi l’aurait-il fait ? Il n’avait pas de raison de le faire. Pourtant, l’envie était bel et bien là …


    Ce fut le seul instant ou le borgne détourna l’œil du Sidjéno. Un court instant, quelques seconds tous au plus, tel un puceau maladroit qui surprend, involontairement et pour la première fois, l’objet de ces émois. Il ne fut pas dupe de sa réaction, le borgne, et cela l’agaça. Crétin … songea-t-il. Alors il tenta de se reprendre et s’obligea à lever de nouveau l’œil sur son homologue capillaire … qui tenait un vase à deux mains en l’observant. Les réflexes du blond le poussèrent à faire en pas en arrière mais il fut vite évident, quand le morceau de porcelaine vient s’écraser en mille autres à ces pieds, que le blond ne l’avait pas directement visé. Incrédule, il inspecta presque sans les voir les fragments de ce qui était encore, un minute avant, un récipient. L’expression de surprise devait être parfaitement visible sur ces traits quand il releva la tête vers l’Ambroise.



    - Mais qu’est-ce qui vous …


    Prend. Ce dernier mot, il n’eut pas le temps de l’émettre car déjà, sans l’entendre, le Sidjéno était partie dans un monologue frôlant le réquisitoire. Attaque. Critique. Blâme. Reproche. Et malaise … C’est le sentiment qui envahit soudain le Corniaud et lui fit perdre ces moyens, l’empêchant de répondre comme il en avait l’habitude : par l’indifférence et l’ironie. C’est qu’il y avait du faux dans les paroles du blond, mais beaucoup de vrai aussi … Ce n’était pas à lui de venir faire se sale boulot, c’est vrai. Pourquoi alors, l’avait fait ? Pourquoi était-il venu ? Il se refusa de répondre. L’incrimination continua, blessant le jeune seigneur plus qu’il ne voulait l’admettre. Etait-il vraiment ainsi ? Le voyant-on uniquement comme cela ? En temps normal, il n’avait que faire de l’opinion des tiers, faisant ce qu’il jugeait nécessaire de faire même si cela le répugnait lui aussi. Mais là …

    Que faire ? Comment rattraper le coup ? Les bras ballants, l’œil fixé sur celui qui deviendrait un cousin par alliance, il était perdu, à court de moyen. Rare était les fois où cela lui arrivé mais s’était bel et bien le cas. Sans réagir mais sans relâcher son attention, il le vit approcher. L’espace qui les séparait à présent n’avait pas la largeur d’un homme et il regretta soudain la nouvelle place de la chemise du blond. Elle était mieux sur cette chaise … Il chasse rapidement cette pensée. Que faire ? Que dire ? Eternelle question auquel il ne trouvait pas de réponse. Sans qu’il ne sache exactement pourquoi, il ne voulait pas de cette répugnance qu’il inspirait au jeune homme, du moins, il n’en voulait plus. Chez d’autre, il s’en amusait, s’en délectait, mais pas chez lui. Il n’avait pourtant rien fait pour l’éviter, au contraire. Ne l’avait-il pas provoqué ? N’avait-il pas cherché à en arriver exactement là ? Si … Mais il n’y trouvait pas le plaisir escompté …

    Son timbre de voix prit une sonorité presque hésitante.



    - Quel mot attendiez-vous … ? Et … que pensiez-vous … ?


    Il voulait savoir, pour peut-être comprendre ce qui se passait exactement. Serait-il le premier à céder ? Peut-être …
    Mais une seule pensée lui venait « Non ne me hais pas … pas toi … »



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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Dim 28 Avr - 0:44

Nathan



« La sixième vous plairait tellement… » De Nathan.



Le retournement de situation, laissait la possibilité d’espérer une issue différente. Il fallait croire que l’issue de cette partie entre les deux blonds était restée la même depuis le début. Le Sidjéno se tenait face à Euzen, il avait déballé toutes ses pensées. Euzen savait à quoi s’en tenir. Néanmoins, un remord apparu chez le blondinet, comme si les mots avaient dépassé sa pensée. Il restait toujours devant lui, à quelques centimètres de son visage. Il l’admirait, il l’aimait, il commença à secouer frénétiquement la tête pour chasser ces idées incongrues. Mais cela ne suffisait pas, il continuait de le regarder inlassablement. Les sentiments s’entretuaient en lui. Nathan n’était pas dupe, il avait très bien vu le borgne s’était délecté discrètement de son corps. Tout depuis le début de l’entrevue le confortait dans son idée. Néanmoins le jeune blond ne voulait pas céder si facilement. Il désirait voir ce qu’il y avait dans Euzen. Ils se ressemblaient et Nathan savait qu’une toute autre personnalité n’attendait qu’à se révéler. Il le regardait perdre ses moyens, tout n’était qu’un jeu visuel, où les moindres faits et gestes étaient analysés avec minuties. Le surplus de données lui faisait perdre la tête. Ne sachant plus quoi penser il laissa ses mots le guider : «
J’attendais simplement que votre façade s’effondre et je pensais voir tout autre chose lorsque celle-ci se serait écroulée. » Perdu, il ne savait plus si le tutoiement ou le vouvoiement était de rigueur.


Il s’arrêta de respirer comme si le temps s’arrêtait, il sentait la respiration du borgne. Les quelques centimètres étaient insoutenables, Nathan ne voulait plus qu’une chose, car en réalité, il avait gagné sur toute la ligne, il avait réussi à le faire chanceler, il avait réussi à voir ce qu’il y avait derrière la façade du borgnei, il suffisait d’achever le travail commencé involontairement. Il n’aurait jamais cru se voir établir un dilemme dans sa pensée. L’embrasser ou ne pas l’embrasser. L’embrasser pour se révéler entièrement l’un à l’autre. Ne pas l’embrasser afin de ne pas tomber dans la déviance. Le choix s’opéra rapidement, il ne pouvait plus attendre, la tentation bien trop grande, le désir trop élevé, l’envie de connaître débordante, tout était en excès. Il s’approcha vers lui, délicatement il saisit sa tête. Bien loin de la violence qu’il avait pu lui faire subir quelques dizaines de minutes auparavant. Il le regarda une dernière fois et l’embrassa. C’était la première fois qu’il embrassait un homme. C’était la première fois qu’il sentait son cœur battre si fortement. C’était la première fois qu’il se sentait si soulagé. Une fois le baiser terminé, il lui adressa un de ses rares sourires. Les sourires de Nathan quand ils étaient sincères représentaient de l’or.


Il s’adressa de nouveau à lui :
« J’attendais que ta façade s’effondre entièrement. Une fois cela fait je pensais à une preuve d’affection. Elle n’arriva pas et… Voilà. Je crois… Enfin je pense… Je… Tu l’as compris, tu ne m’es pas indifférent. »

[/quote]
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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Dim 28 Avr - 0:45

Euzen




        « Est-ce celle-ci la sixième ? J’aime à le croire … »
          d’Euzen




    « J’attendais simplement que votre façade s’effondre … »

    Ainsi ça n’avait été que cela … qu’un jeu … qu’une volonté de faire céder l’autre, de le mettre à nu, le fragiliser, l’exposer pour qui rien ne l’empêche de sentir l’odeur âcre de la défaite. Et de bureau la plus part du temps, il était victime à présent. Idiot ! Crétin ! Voilà qui t’appendra à te laisser envouter ! Car il n’y avait guère d’autre mot … Un gout amer lui envahis la bouche, tandis qu’un nœud commençait à se former au creux de son estomac.

    « … et je pensais voir tout autre chose lorsque celle-ci ce serait écroulée. »

    Il n’en fallut pas plus, le borgne comprit, ou cru comprendre. Il l’avait déçu. L’Ambroise l’avait défié, testé, pour s’assurer qu’il pouvait être son égal. Et lui n’avait pas assuré, pire, il avait flanché … Et tandis qu’il luttait pour ne pas détourner l’œil, et s’abaisser plus encore ainsi, sa mâchoire se contracta nerveusement, faisant jouer ces muscles sous la peau de ces joues. Pourtant, il dû les détourner un instant ou cligner des paupières durant le même lapse de temps car il ne vit pas la dextre et la senestre du Sidjéno s’approcher pour prendre possession de son visage. Que faisait-il … ? L’interrogation devait se lire dans son iris quand celle se posa de nouveau sur le vainqueur du duel.

    Oui, que faisait-il … ?

    La réponse, il ne tarda pas à l’avoir quand leur lèvre s’effleurèrent, se frôlèrent pour la première fois. Le borgne sursauta légèrement … Le choc fut rude. Non pas que cela n’était pas désiré car l’idée, l’envie était là, à l’orée de son esprit, dans l’ombre de ces pensée depuis son entrée … Et peut-être plus encore. Mais il était surpris. Jamais il n’aurait cru que l’Ambroise puisse avoir, lui aussi, ce genre de penchant et encore moins qui soit capable … de cela. Le baiser dura un bref ainsi mais pour le Corniaud il fut comparable au quelques seconde d’extase, de soulagement mêler d’incompréhension que ressent un noyer retrouvant enfin la surface de l’eau. Tel le nageur, il avait senti sa poitrine de comprimer, se faire plomb tandis qu’il se débattait dans les abîmes bleuté, avant de n’être que brulure et légèreté quand l’air lavait enfin envahis.

    Il respirait de nouveau …

    Alors un fin mais sincère sourire étira ces lèvres quand ils se séparèrent. Et il s’agrandit un peu plus aux paroles du blond. Il l’avait compris, en effet, à son plus grand plaisir, il l’avait compris. Mais il n’y avait pas plus avare que lui dès qui s’agissait d’extérioriser une affection, un sentiment positif. Néanmoins, dans le cas présent, il y avait une manière toute trouvée … Sortant de la létargie qui l’avait gagné durant de longues minutes, la dextre du borgne trouva les reins de son comparse, tandis que la senestre pris possession de sa nuque. D’un geste ferme, il le maintien contre lui alors qu’il prit l’initiative d’un nouveau baiser. Plus impérieux, plus exigeant, quémandant l’accès à sa bouche d’une légère pression. Le contact le fit frissonner … Maintenant qu’il commençait à gouter à la fontaine de jouvence, il n’avait plus qu’un désir : la savourer pleinement.

    Malgré tout, il sépara leur lèvre, juste assez pour pouvoir murmurer.


    - Est-ce une preuve qui te convient … ?

    Ou en veux-tu plus ? Car ainsi, il était tout disposé à lui offrir ….

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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Dim 28 Avr - 0:47

Nathan



« Aimer croire que c’est la sixième nous donne envie de renverser le monde est d’affirmer que sur six faces une septième existe. » De Nathan.



Nathan sentit l’étonnement d’Euzen, c’est quelques secondes n’étaient rien comparées aux autres qui avaient suivi les premiers instants de ce baiser. Dans un élan, surement celui de la jeunesse, Nathan n’avait pas très bien réalisé la valeur de son acte. Le plaisir qui en découla ne correspondait pas à ses attentes. Il se serait cru quelques années en arrières se cherchant tel un adolescent. Il pensa brièvement à son premier baiser, celui qui avait été accordé à sa cousine. Bien du temps s’était écoulé depuis ce jour et beaucoup de chemins parcourus. Par ce baiser il avait quitté le monde de l’enfance définitivement, une nostalgie précoce avait pris possession de la tête blonde. Plus rien ne serait jamais comme avant. Il changeait et finalement, il trouvait cela plutôt pas mal. Il n’y avait pas de mal de s’abandonner au plaisir. Quoiqu’il en fût, ce baiser n’était pas à la hauteur de ses attentes, ce n’est qu’après… Quand le borgne prit possession de l’affaire, que le ravissement opéra. Un sentiment de bien-être mélangé à un plaisir maladif. Nathan était heureux. Rares étaient ces moments dans son existence, il pouvait même les compter sur les doigts de ses deux mains. Le temps semblait se figer, comme il se figeait parfois avec sa fiancée. Une brève pensée pour la Sainte qu’il allait devoir épouser et un retour au moment présent. Euzen avait quitté ses lèvres et lui avait murmuré, il ne répondit pas. Il n’osait pas. Le jeune blond malgré le peu d’action, ne savait plus où donner de la tête. Très vite débordé par les événements, il avait trouvé dans la passivité une alcôve protectrice. Son assurance était réduite à néant quelques instants. Il admirait le borgne et profitait du moment sans modération.



Le retour à la réalité fut délicat, la peur gagna les tripes du blondinet. Peur qu’on les surprenne, peur que quelqu’un entre. Les scénarios pessimistes fusèrent dans son esprit et il quitta l’étreinte d’Euzen regagnant ainsi une sorte de liberté qui par la même occasion redonna la confiance perdue. Il le regarda encore une dernière fois, savourant chaque instant passait près de lui. Chez Nathan, quelque chose de remarquable était toujours en œuvre, sa faculté de passer du coq à l’âne sans soucis. Une fois de plus malgré la scène qui se déroulait, alors qu’il aurait pu profiter entièrement du borgne, se faire plaisir et s’aventurait davantage dans ce nouveau chemin de sa vie, il lui dit : « Bon, pour le mariage, je verrais ça prochainement. Je pense venir à Limoges d’ici la fin du mois, pour une durée indéterminée. Deux mois de grossesse ça ne se voit pas trop. Enfin, si le secret a été gardé et quelque chose me dit qu’il ne l’a pas été et que tous Limoges est au courant. Donc dans les deux cas, le temps ne changera rien. Un mariage d’amour dans l’ignorance de la grossesse, ou alors un mariage digne des plus grands racolages… » Il prit une veste et l’enfila, le froid était agressif à Louvières entre deux vagues de chaleur. Le blondinet croyait qu’on s’amusait avec la température. Il se dirigea vers son bureau, papier, plume et encre, la base pour écrire une lettre. En l’occurrence c’était une promesse. Euzen gagnait sur toute la ligne, Nathan abdiquait sur plusieurs points et il en avait conscience.


Citation :
Cinq février de l’an de Pâques 1460.

Moi, Nathan Sidjéno d’Ambroise, gage d’épouser Flora de Montbazon-Navailles dans les deux prochains mois suivant ce jour.
Fait, à Bourges au sein de l’hostel particulier des Louvières.

Nathan Sidjéno d'Ambroise.


Il se releva et donna le précieux papier à Euzen. Action qu’il accompagna d’un petit commentaire : « Tu gagnes, tu gagnes… Désires-tu passer la nuit ici ? Ton voyage a dû être épuisant. » Il le regarda, se doutant à l’avance de la réponse qui allait être donnée.

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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Dim 28 Avr - 0:52

Euzen




        « Décidement, combien de facette as-tu à ton dé ? »
          d’Euzen



    Trois phases se succédèrent chez bellâtre que le borgne tenait contre lui. La surprise. La détente. La tension. Et toutes étaient plus longues que la précédente, jusqu’à atteindre la définitive. Il sentit le changement comme on sent qu’un chat, que l’on câline, est sur le point de balancer sa patte pour vous griffer, signifiant ainsi qu’il est tant pour vous de cesser, qu’il en a assez. Il le sentit et ne fit donc rien pour le retenir dans son étreinte, bien que le voir s’éloigner fit naitre un grognement de frustration dans la gorge du jeune baron. Grognement qu’il étouffa avant qu’il ne soit audible car il savait l’éloignement justifié. Lui aussi connaissait cette peur d’être découvert et d’être jugé ensuite. Elle n’était d’ailleurs pas totalement absente de ces entrailles à l’instant même, mais le Montbazon venait juste d’en prendre la mesure. Son œil s’égara sur la porte refermé quelques minutes auparavant sur les domestiques … Etaient-ils toujours derrière, à attendre le moindre signe d’un autre de leur maitre ? Surement. Oseraient-ils entrer sans permission si le silence se faisait trop persistant ? Peut-être. Ils devaient donc parler, trouver quelques chose à dire. L’esprit du se remit en marche mais rien de lui vient.

    Son œil revient sur le propriétaire du lieu et le coin de sa bouche se plissa un peu. Oui cette chemise était décidément de trop …

    Le silence se fit encore quelques seconde et sur fut finalement le plus jeune de deux hommes qui le rompit. Le sujet abordait mit le Navailles quelques peu mal à l’aise, et pour cause ! Ne venait-il pas d’embrasser le fiancé de sa cousine ? Aborder le sujet de leur mariage sitôt après le prit un peu au dépourvu, bien qu’il s’agisse là de la raison officielle de sa visite. Mais il se ressaisit vite et chassa le grain de culpabilité qui tentait de s’immiscer dans son esprit, réussissant même à ce donner bonne conscience en songeant que sa cousine avait été la première à trahir sa confiance en se faisant engrosser. Tous les moyens sont bons pour garder des mains propres …


    - Le secret n’en ai plus un en effet, donc tant qu’il y a mariage …

    Fut la seul réponse du baron aux paroles de son hôte. A son grand déplaisir, une veste s’ajouta à la chemise et un soupire lui échappa. L’enchantement était bel et bien terminer. Il ne bougea pas de sa place, pivotant simplement sur les talons pour permettre à son œil de suivre sa progression et ne s’approcha finalement que pour se saisir du vélin tendu. Le commentaire lui arracha un sourire, il gagnait en effet mais la question qui suivit le plongea dans un sérieux dilemme.

    Accepter ou refuser ?

    Son iris chercha celle du Sidjéno, guettant un indice de réponse. Mais au fond, le borgne la connaissait déjà. Ils avaient suffisamment joué avec le feu et lui plus encore en quittant le Limousin alors que son poste de Procureur l’y interdisait …


    - Il n’a pas été facile, il est vrai. Je me reposerais une fois de retour à Limoge …

    Volontairement, il laissa la phrase en suspens. Ne pas trop en dire pour ce laissé une chance de revenir en arrière. Il avait la réponse mais choisir son contraire ne tenait qu’à un fil …

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MessageSujet: Re: Février - [RP] Quand la haine laisse place à ...   Dim 28 Avr - 0:52

Nathan



« Suffisamment pour te faire chavirer. » De Nathan.



Tout est éphémère dans le plus bref des mondes. La paix est une chose qui n’a pas de prix, du moins pour la plupart des individus sur la planète. Chez Nathan c’était différent, la paix était un jeu dans lequel on pouvait dépenser de l’argent et mener des actions pour la gagner. Bien évidemment, le niveau de frustration combiné à ses péripéties faisait que, la paix chez le jeune blond était ardue à conquérir. A cœur vaillant rien impossible, telle était la devise Berrichonne par excellence, une chose était certaine, Nathan détenait en lui réelle force que très peu de personnes soupçonnaient. Beaucoup aimaient le croire, faible, frivole, candide ou métrosexuel. Evidemment, la véracité des préjugés pouvait être entièrement fondée. Mais en réalité, le blond lui-même, ne savait pas de quoi il était capable. Un avenir coulissant dans les dédales dangereux de l’inceste, du vice et de la déviance s’annonçait être le plus plausible ; une destinée non tracée à son plus grand bonheur. Quoique l’être mal habile, trouve dans la destinée achevée, un refuge parfait. Savoir quoi faire pour le restant de ses jours est bien la pire chose qui peut arriver à un homme, plutôt crever sous la torture que de s’ennuyer à mourir.


La paix ? Il ne l’avait pas, vêtu timidement de quelques pièces en matière noble, sous le regard frustré du borgne. Il ne s’empêchait d’éprouver cette envie insatiable : je veux plus et encore ! Il se croyait de nouveau dans les âges ardant ; âges qu’il avait quitté quelques minutes auparavant. La nostalgie était une chose troublante, aussitôt une phase terminée, elle apparait telle une Vénus des carrefours vous rappelant votre passé plus ou moins glorieux. Que pouvait-il faire ? Se laisser vaincre par la nonchalance et la réciprocité de la frustration ? Ou devait-il se détacher complétement. Il ne devait pas retomber amoureux de quelqu’un détenant la capacité de le détruire en quelques paroles. La fragilité d’un esprit en total contradiction avec lui-même et de son corps. Cafouillage général dans cette tête à la couleur d’or. Capharnaüm dans sa vie et il pouvait bien dire qu’il avait une nouvelle tête sur les épaules et qu’il était un enfant différent. Après tout, nous restons un peu enfant tout au long de notre vie. La frivolité est une sucrerie que l’on ne peut égarer bien trop longtemps.


La réponse ne s’était pas faite attendre, Nathan la savait d’ors et déjà à l’avance. En avance sur le temps ? Non. Il connaissait tellement bien les rouages nerveux de ses semblables. Il savait qu’une réponse négative allait être mise sur la table, il savait aussi que cette main était faible, disons valet et un sept à couleur antipodique. Noir rouge… Tout cela n’avait qu’un seul mérite, la possibilité d’atteindre la suite tant attendu par les deux partis. Après tout, devait-il être le seul à faire avancer la relation ? A se jeter dans la gueule du prédateur ? Poursuivre ou pas la partie ? Dilemme, toujours et encore le même refrain dans une vie rythmée par alcool, sexe, argent et luxe. Il abandonna son regard d’Euzen quelques instants, il le posa sur un drôle de vase, un vase que tout le monde détestait et lui seul aimait. La contradiction, toujours et encore, puissante maxime à son actif. Le temps de réfléchir, mais même la réflexion est éphémère. Il haussa le menton, un air de gamin effronté préparant le terrain à la provocation. Cette-dernière émanait naturellement chez le garçon au poisson orange.


Il s’avança vers Euzen, le cœur palpitait, cette sensation était rare chez lui ; étant arrivée deux-trois fois, cette fois-ci y comprise. Il s’avançait lentement, comme si il cherchait à ralentir le temps, comme si il désirait profiter, comme une dernière fois de l’instant. Comme s’il savait la suite. Il arriva encore une fois devant lui, son souffle était fort, comme si un plaisir se dégageait en cette situation critique. Il passa sa main derrière sa tête et l’embrassa passionnément, car oui, la passion était bien présent. L’interdit lui était la caractéristique majeure et ce qu’il faisait, c’était interdit. Quelques mots se glissèrent après le baiser, le ton à la provocation et à l’insolence : «
Sombre idiot, tu ne sais pas ce que tu rates… »


Et le drame opéra ! Corps contre corps, tête proche de l’accolement, scène dangereuse. La porte s’ouvrit et un valet entra et vit la scène. Nathan sursauta et tourna brusquement la tête. Le valet écarquilla des yeux. Nathan le regarda avec haine. Le valet recula de trois pas. Nathan se détacha d’Euzen. Le valet comprit. Nathan réfléchit. Le valet éclata de rire. Nathan le fusilla du regard. Le valet savait que cette information allait lui rapporter de l’argent. On aimait faire de Nathan le sujet principale des journaux Berrichons, on aimait raconter sa vie dans les moindres détails. Tout s’enchaîna très vite, Nathan ouvrit le dialogue :



-500 écus pour ton silence !
-Laissez-moi rire…
-1000 !
-Vous savez très bien que je pourrais en tirer bien plus de cette information.
-Salezart !



Le valet éclata de rire et s’empressa de partir en courant. Le ponceau, quelle belle couleur, monta aux joues de Nathan. Une furie, Nathan était une furie en liberté, son courroux allait être terrible, le valet se moquait ouvertement de lui. Le blondinet le suivit dans Louvières, plus rien dans son hôtel n’avait de valeur, insultes et casses en tout genre se faisait entendre. Nathan lui demandait de s’arrêter en hurlant. Des menaces de morts s’élevaient dans tout l’hôtel. Louvières n’avait jamais connu tant de haine. Ils arrivèrent dans l’escalier de l’entrée. Le claquement des bottes du valet raisonnaient contre le marbre, les ornements surplombant les rambardes en chêne foncé supportées par des barrières éléphantines, étaient arrachées par Nathan et jetaient avec violence contre le valet. Les portes de Louvières s’ouvrirent, le valet débuta sa course dans Bourges. Nathan prit l’épée d’un garde, s’arrêta deux secondes devant la lumière en provenance de la place de Bourges. Pieds nus, vêtu de simple braies d’une chemise et d’une légère veste, le garçon de Louvières engagea une course poursuite dans Bourges. Une chasse à l’homme était lancée.


Tout est éphémère dans le plus bref des mondes, la réputation est sans nul doute ce qu’il y a de plus instable. C’est pour cette-dernière qu’on se bat corps et âme nous poussant dans les extrêmes les plus incongrus...


La paix.

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