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 Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...

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Euzen
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MessageSujet: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:04



Moult légendes entouraient la jeune femme dans les bas-fonds du bourg en aval de son Château en Berry. Des soudards, des repris de justice, de la racaille des hameaux voisins venus se réfugier à Lignières, connu pour l’indulgence et la générosité de la maîtresse des lieux. Non seulement elle fermait les yeux sur leurs petits larcins mais le dimanche après la messe elle leur distribuait du pain et des vêtements chauds.

On disait chez les plus superstitieux et les plus ignares que la jeune femme était une sorcière dont les longs cheveux roux se muaient en vipères voraces dès la nuit tombée. Ou bien encore que ses grands yeux limpides et du plus doux des verts attiraient les hommes comme des phares venimeux et qu’elle leur dévorait le cœur.

En vérité, la jeune Baronne était ruinée. A force de recueillir tous les nécessiteux, de les nourrir et de leur donner des gages, elle avait dilapidé en quelques années la fortune familiale. Ses rentes bien qu’élevées ne suffisaient plus à entretenir tous les orphelins et les veuves qu’elle avait ramassé au gré de ses voyages et de ses pérégrinations. Si le Castel nécessitait une dizaine de valets et de chambrières, elle en employait le triple juste pour pouvoir fournir de l’ouvrage aux éclopés, aux lépreux et aux crève-la faim des alentours. Le Domaine grouillait d’enfants abandonnés et de mendiants.

Il lui faudrait bientôt sacrifier son train de vie fastueux , ses toilettes luxuriantes si elle continuait à se prendre pour Sainte Jojo des pouilleux.

Surtout qu’à Limoges, les dépenses allaient bon train. Les sœurs de la Baronne plus nombreuses de jour en jour nécessitaient moult dépenses. Sans oublier les marmots… Les siens, ceux de sa sœur numéro 2, et les quatre bâtards de la chambrière que Johanara gâtait comme s’ils furent les siens.

Une vieille tante bretonne , la bien nommée, Almodie Jacquemine de Pince-Alouette, avait été mandé pour tenir le Castel tandis que la jeune Baronne vivait de folles aventures loin du Berry puisque le vassal était mort. Très souvent, elle écrivait à Johanara et tenait les registres de la comptabilité d’une main de fer. Sa nièce avait donné des ordres clairs : « Tentez de redresser la situation de mes terres mais qu’il ne soit congédié aucun domestique ni renvoyé aucun orphelin. »

C’était bien sûr chose impossible et Almodie l’Alouette s’arrachait les cheveux de son chignon poivre et sel tout en essayant de freiner les dépenses de la Maisonnée Lignières.

Il advint qu’un matin le billet de la fâcheuse fut d’un autre acabit. Point de menaces ni de larmes. Guère de tableau alambiqué avec les dépenses fantasques de la Baronne.


Citation :
De nous Almodie Jacquemine de Pince-Alouette, Chatelaine de la Souche au boulier ailé,
A votre Rousseur, ma chère nièce dépensière, Johanara Bérénice d’Ambroise, Baronne au grand cœur,

Vous êtes sauvée ! Vous, vos sœurs et toute cette racaille que vous ne cessez de recueillir. Nous allons pouvoir rénover le Château, prendre des vassaux, nourrir les bêtes et les paysans.

Par quel miracle me direz-vous ? En me penchant sur les registres et les archives de Lignières afin de découvrir quelque dette d’un jeune seigneur oublié que j’aurai pu réclamer pour combler la Trésorerie baronnale, j’ai découvert l’existence d’un vieux testament. Un certain Henri Picard, qui avait servi sous les ordres de feu votre père. Il lui lègue absolument tout.

J’ai poussé mes recherches, le pauvre homme est mort depuis longtemps. Mais vous pouvez prétendre à une somme tout à fait honorable auprès du notaire, pour ne pas dire mirobolante –Je ne sais dans quelle magouille trempait ce Picard, mais cela lui a réussi ! – car vous êtes l’Ainée. Vous serez une femme riche, Baronne. Vraiment riche. Peut-être pas autant que ce vieux coquin de Poilu, mais vous serez certainement la seconde fortune du Berry.

Je vous imagine couiner de joie ma tendre nièce. Mais… Car bien sûr il y a un mais. Il y a une close. Le Notaire n’est autorisé à vous donner votre part de l’héritage que si vous vous rendez à son cabinet accompagnée de votre époux. Je n’ignore évidemment pas votre veuvage, je n’ai donc que deux mots à vous dire …

Prenez mari !

Je ne veux plus entendre ces sornettes d’Amour et de Prince Charmant. Si vous ne recouvrez pas la raison Baronne, j’en aviserai votre oncle Le Poilu. Il vous mariera de force à un vieux berrichon à sa botte et fera main basse sur la rondelette somme d’argent.

Voulez-vous voir Lignières tomber en ruine ? Souhaitez que vos enfants fassent la mendicité ? Comment allez-vous subvenir aux besoins de votre Maison ? Les dots ? Les trousseaux pour vos sœurs ? J’insiste, car je vous connais. Vous avez la tête dure !

Vous n’avez plus le choix, votre Rousseur. Votre situation financière est désespérée.

Avez-vous dans votre entourage quelque noble bien fait de sa personne qui consentirait à ses épousailles ? Vous êtes la plus belle femme du Berry, nul doute que les fiançailles se feront sous peu et que nous irons ensemble pavoiser dans le bureau du notaire.

J’attends votre réponse avec la plus grande des impatiences. En attendant je vais tenter de sauver ce qu’il reste de votre haras.

Prenez soin de vous ma nièce et freinez les dépenses !

Almodie
.

La Baronne froissa la lettre avec un rictus mauvais.

Pour qui se prenait cette vieille chouette ! Lui donner des ordres ! Non, non , non ! Elle n’épouserait personne !


Mathilde ! Mathilde !!!! Je deteste avoir à crier ! Fais moi couler un bain de lait d’ânesse, veux tu. Je suis à bout !

La jeune bonne rosit, effrayée à l'avance par les colères de sa volcanique maîtresse.

C’est que… Ma dame… Nous n’en avons plus. Ni de lait tout court d’ailleurs. Votre fille a du boire de l’eau. L’argent nous manque ce mois ci. Nous aurons encore du choux-fleur pour le souper. Dois je noyer un ou deux de mes enfants ??

Pour toute réponse, la sublime berrichonne renversa deux vases et piétina les fleurs avant de relire la lettre de la vieille tante…



Dernière édition par Euzen le Mer 10 Avr - 11:14, édité 2 fois
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Euzen
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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:05



La vieille tante n’était guère dupe. Elle connaissait sa nièce et son entêtement légendaire. Aussi était-elle partie en même temps que la missive. Quelques effets, une tenue de voyage stricte, de bonnes chaussures de marche.

Car Almodie tenait à faire le voyage à pied plutôt que de réquisitionner un autre attelage et engendrer d’autres dépenses. Le seul luxe qu’elle s’était permis, c’était sa compagne de voyage : Fredegonde, une petite lingère de 13 ans qui l’avait supplié de l’amener en voyage car elle voulait voir le monde.

Et la vieille femme avait accepté, ravie de pouvoir bavasser sur les routes de campagne.

Les ordres avaient été donnés à Lignières. En l’absence d’Almodie, l’intendant devait éviter toutes dépenses inutiles.

Sur le trajet, elles firent une halte à Bourges, Capitale du Berry. On les renseigna bien vite sur la direction à prendre pour atteindre les Louviers, l’Hotel particulier de Nathan Sidjéno d’Ambroise, le cousin adoré de la rousse et l’arme secrète d’Almodie pour convaincre cette dernière.

La vieille femme savait que sa nièce, aussi têtue soit elle, tenait au berrichon fortuné comme à la prunelle de ses yeux, et qu’elle se rangerait finalement à son avis, s’il savait y faire. Elle-même affectionnait son neveu qui partageait certaines de ses valeurs, comme une discipline de fer.


Nathan mon neveu préféré, quelle joie de faire ce voyage avec vous. L’heure est grave ! Votre cousine… Non pas celle la… La Baronne.. est totalement ruinée. Vous savez qu’elle va vous ponctionner comme une vache à lait… Mais j’ai une solution qui nous sauvera tous ! Lisez dont !


Et de lui tendre la lettre et les archives.

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Euzen
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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:07



« Le luxe, c'est comment dire, une liberté d'esprit, une indépendance nous permettant de vivre à notre guise dans le faste et la démesure, bref le politiquement incorrect. Tout cela est normal pour nous. Sauf que nous, membre de la Haute Bourgeoisie, ne devons pas avoir les bonnes mesures de la normalité. » Nathan.



L’ambiance à Louvières s’était calmée, laissant ainsi place au calme, au luxe et à une consommation ostentatoire exacerbée. Nathan dépensait sans compter, l’argent affluant dans les caisses, il le jetait avec allégresse en répétant « Il ne faut pas rechigner à dépenser ses écus, sinon ça fait petit bourgeois. » Et cela était le fil conducteur de sa douce vie, loin des membres indigents de sa famille.
Malgré cette vie bien rôdée, les soucis revinrent très vite. Et la personne qui ouvrit le chemin, fut son estimée tante, qu’il affectionnait sans modération. La surnommant avec le plus grand des respects « Ma tante de fer ». Elle était l’une des personnes qui avaient incité Nathan à s’ouvrir sur le monde économique, et il lui était infiniment reconnaissant.



C’est ainsi, que le mélodieux son provenant de la cloche de Louvières retenti. Nathan dans son bureau apprit que sa tante était chez lui, il ne fallut pas le dire une seconde fois, que sa blondeur était déjà en train de la saluer « Ma Tante, que me vaut l’honneur de votre visite ? ». Il n’eut pas de réponse à cette question, mais plus un enrôlement de force dans un voyage à ‘ennuies’ comme il le disait si bien. Sa tante lui dit « Nathan mon neveu préféré, quelle joie de faire ce voyage avec vous. L’heure est grave ! Votre cousine… Non pas celle la… La Baronne… Est totalement ruinée. Vous savez qu’elle va vous ponctionner comme une vache à lait… Mais j’ai une solution qui nous sauvera tous ! Lisez dont ! »


Le blond n’eut pas le temps de prononcer un mot qu’il avait déjà le document sous les yeux. Et tel un esprit créatif, il vit des écus s’envoler loin de lui. Il répondit : «
Laissez-moi le temps de me préparer, voilà longtemps que je voulais voir ma cousine, vous me donnez une bonne raison ! Nous allons voyager en coche. Je fais venir quelques domestiques avec nous. En attendant je vous en prie, prenez quelques pâtisseries. J’ai failli en oublier mes bonnes manières ! » Oui bien sûr il était parfait… Il se gavait de pâtisseries alors que des loqueteux crevaient de faim dans les rues.


Une demi-heure plus tard, Nathan était prêt à partir, ayant revêtu un bel apparat se vantant allégrement du prix auquel il l’avait acheté. Les protagonistes montèrent dans le coche, très luxueux comme tout à Louvières. Et voilà qu’un convoi, composé d’un coche… On évitera de faire le détail vu que Nathan avait quasiment emporté tout Louvières !


Dans le coche les sujets de discussions allaient de bon train, la tante et le neveu partageaient les mêmes points de vue sur les questions économiques et surtout sur la baronne.


Enfin ils arrivèrent à Limoges, au lieu où résidait Johanara, le trajet fut très court pour la tante et le neveu, ce n’était pas le cas des domestiques.


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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:08



La lettre avait finalement été brûlée. Déchirée en menus morceaux, d’abord puis jeté au feu.

Pour sûr, Johanara ne laisserait pas quelques soucis d’argent lui ruiner la vie ! S’il le fallait, elle vendrait l’argenterie et quelques toilettes, mais on ne la marierait pas de force avec un crétin mal embouché. Elle avait passé l’âge pour ces sornettes. A 21 ans, veuve et mère de deux enfants, personne ne lui dicterait sa conduite, foi de Lignières.

Ses épousailles avec Valezy d’Emerask lui semblaient si lointaines à présent. Comme elle avait été heureuse, éblouie par la lumière azuréenne des grands yeux safres de son mari. Coup de foudre absolu, bonheur fusionnel, désir ardent, passion dévastatrice souffrance et haine… Leur histoire d’amour était unique, et la belle ne laisserait personne la mener derechef vers l’Autel.

Il avait été son tout. Brisée par le doute, les incertitudes et le poison mortel de la jalousie, leur flamboyante liaison avait pourtant pris fin quelques temps avant la mort du beau Seigneur. Mais de cela, la rousse ne voulait guère se souvenir, sublimant son histoire et s’y accrochant pour nier l’évidence : il lui faudrait bientôt se remarier pour sauver sa Maison.

Johanara y avait songé parfois. Un mariage de raison, loin du tumulte amoureux et des affres de la passion. Un ami sincère avec qui couler des jours paisibles et heureux, le cœur enfin guéri de toute folie affective.

Ses pensées vagabondèrent vers son jeune nobliau. Qui n’était plus sien à présent que dans ses pensées. Humiliée, délaissée… Il avait tout bonnement disparu. Probablement dans son nouvel office de bourgmestre. Comment avait-il pu lui faire ça ? Mélancolique, elle repensa les yeux brillants de quelques larmes à leur dernière conversation.

J’aimerai ne plus jamais en aimer un autre…

J’aimerai tellement que vous disiez vrai Johanara…

Son prénom sur ses lèvres ne l’entendrait elle plus jamais ? Un profond soupir franchit la barrière corail de sa lippe, elle s’enfonça dans le velours confortable et moiré d’un vieux fauteuil.
Elle se résignerait oui…

Mais… Lorsqu’on lui annonça la visite de sa tante, la Pince-Alouette, et de son merveilleux cousin dont elle ne connaissait que trop le goût pour le fast et l’argent, ses bonnes résolutions fondirent comme la neige sous les assauts d’un soleil brûlant.

La grande rousse pénétra la salle où l’attendait sa famille comme une tornade, sa lourde crinière rousse volant autour de son minois exquis. Ses mirettes lançaient des éclairs et la tendre ligne de ses lèvres cinabre semblaient tordues par un vilain rictus :


Vous avez fait le chemin pour rien ! Riennnn !!! Reprenez cette fichue paperasse, je n’en lirai pas un mot ! Pas un mot vous m’entendez !!! Oh Nathan comme vous êtes mignon dans ce mantel brodé !!! Pas un mot !!!! Et que ce trognon de notaire aille au diable ! Je ne mettrai pas les pieds dans son cabinet ! Encore moins avec un manche impotent d’époux ! Vous n’avez qu’à vous marier tous les deux et empocher l’héritage, grand bien vous fasse !!! A moins que vous ne soyez venu me proposer votre aide mon cher cousin ? Une aide pécuniaire j’entends….

Le trait dur de la bouche fit prestement place à un sourire enjôleur, tandis que le regard se fit caresse. La démarche féline, et le port altier, la gracieuse baronne papillonnait autour du blondinet pour le débarrasser de son manteau et en profita pour lui susurrer à l’oreille :

De grâce Nathan, au nom de notre amitié et de notre affection, débarrassez moi de ce vautour d’Almodie qui ne songe qu’à me jeter dans les bras du premier venu !

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:09



« Ne jouez pas à la riche. Vous êtes juste une noble désargentée » Nathan.




Sa tante et lui-même, entrèrent dans un genre de salon. Le blondinet s’attendait à une pièce bien décoré tels les goûts de sa cousine que nenni ! La pièce était froide et d’apparence inconfortable. Nathan ne put empêcher de dire à sa tante : « Il était vraiment temps que l’on arrive, la baronne vit dans des conditions très précaires. Regardez-moi l’état de cette pièce ! Je n’ose imaginer les autres. Que pensez-vous de loger chez un de nos amis… Nous devons bien en avoir un ou deux dans cette ville ! »


Juste après cette phrase, la baronne arriva, la partie pouvait commencer ! Johanara visiblement énervée déclama «
Vous avez fait le chemin pour rien ! Riennnn !!! Reprenez cette fichue paperasse, je n’en lirai pas un mot ! Pas un mot vous m’entendez !!! Oh Nathan comme vous êtes mignon dans ce mantel brodé !!! Pas un mot !!!! Et que ce trognon de notaire aille au diable ! Je ne mettrai pas les pieds dans son cabinet ! Encore moins avec un manche impotent d’époux ! Vous n’avez qu’à vous marier tous les deux et empocher l’héritage, grand bien vous fasse !!! A moins que vous ne soyez venu me proposer votre aide mon cher cousin ? Une aide pécuniaire j’entends… » Puis lui susurrant à l’oreille tout en minaudant « De grâce Nathan, au nom de notre amitié et de notre affection, débarrassez-moi de ce vautour d’Almodie qui ne songe qu’à me jeter dans les bras du premier venu ! »


Nathan ne réagit pas aux dires de sa cousine, il fallait dire qu’il avait l’habitude de l’entendre crier. Ce n’était pas les premiers cries de Johanara ni les derniers malheureusement pour les tympans de sa famille et de son entourage de manière plus générale. Le jeune Blond esquissa un léger sourire pour le compliment sur son mantel. Une fois la Baronne calmée pour un cours laps de temps, imperturbable il lui dit d’un ton calme et sérieux « Donc c’est ici que vous vivez ? Norf, je vous avais connu beaucoup plus… Matérialiste ? Mais à ce que je vois, vous êtes toujours aussi coquette. Merci pour le mantel, je l’ai fait importer de Milan, je ne vous raconte même pas le prix. Je m’égare. Johanara, notre tante et moi-même ne sommes pas venu pour rien. Il est temps que vous redescendiez sur Terre ! Je suis prêt à passer toute la nuit avec vous pour vous forcer à lire les comptes de vos finances qui sont désastreuses ! »


Il posa sur un guéridon un imposant dossier et reprit : «
Vous n’êtes plus une enfant. Le caprice vous va si mal. Et je ne vais pas encore vous aider de manière pécuniaire. Cette fois-ci, vous allez réagir comme une Baronne digne de ce nom et non pas comme une enfant pourrie gâtée. Vous devez prendre mari cela est indéniable. Si Sainte-Jojo veut une situation stable elle va devoir suivre à la lettre les instructions de sa tante. »


Il reprit son mantel et lui dit «
Vous choisissez chère cousine. Vous acceptez mes dires et mon soutien qui sera peut-être monétaire. Ou alors vous sombrez dans la pauvreté et assurément, j’aurais honte de dire que vous êtes ma cousine. La balle est dans votre camp. Et vue l’état de votre habitat… Bref ! Vous allez sombrer à un moment ou à un autre sans notre aide. »


Il avait fait exprès de la provoquer, cela marchait à coup sûr, généralement il se prenait une baffe, mais après Johanara culpabilisait et tenait compte de ce que son cousin lui avait dit. Les deux avait une relation très ambiguë que certain qualifieraient d’inceste ! Mais rien ne s’était jamais passé, ils flirtaient ensemble, histoire de se divertir tant bien que mal !


Nathan se gardait de toucher quoique ce soit, c’était si… moche ?


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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:10



« Ne jouez pas à être adulte, vous n’êtes qu’un gamin prétentieux ! Vous avez encore du lait derrière les oreilles ! » La Baronne.

La grande rousse pesta in petto tout en écoutant le sermon de son cousin. Ses remontrances intempestives et ses exhortations fâcheuses lui firent battre le sang aux tempes.

Gardez vos homélies pour quelqu’un d’autre Nathan ! Vous êtes de mèche avec l’Almodie ! Vous mon allié de toujours, vous mon plus fidèle ami

Mais les flagorneries n’empêchèrent guère le jeune blond de la ramener pour tout. L’intérieur, les fauteuils, les bibelots, le bougre n’en finissait plus de se rependre en admonestation tout en scrutant d’un œil torve la maisonnée du cousin Jehan.

Ce n’est pas chez moi ici, crème d’anchois. Vous savez bien que Lignières, du moins du temps de son apogée ne souffrait aucune comparaison en matière de luxe et de fast. Nous sommes icelieu chez notre cousin Jehan. Qu’attendiez-vous d’un vieux garçon qui a toujours le museau fourré dans les archives et la paperasse ?? Que son intérieur soit digne de la « Fashion Brouique* »???

Loin de s’émouvoir, l’éphèbe plein de morgue enchaîna, le ton mielleux de condescendance. Cette fois, la belle rousse laissa éclater son ire, et se mit à hululer tout en tirant sur le précieux Mantel importé de Milan :

Pardon ? Pardon ??? Enfant pourrie gâtée ??? Moi ??? Qui suis la matriarche d’une famille nombreuse depuis mon plus jeune âge ? Qui suis un modèle de bienséance et de vertu pour mes cadettes ? Plait il ? Oh le maraud ! oh le faquin ! Je vais hacher menu ce mantel Nathan, si vous persistez à jouer les Père la Morale ! Saint Jojo n’épousera personne !

Et paf le soufflet !



[hrp]* Semaine de la mode berrichonne[/hrp]

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:11



« Et si la richesse était synonyme d’être adulte ? » de Nathan.



Oh le vil soufflet qui lui avait été apposé avec la plus grande des fureurs sur sa douce joue. Cela signifiait qu’une seule chose, elle avait pris mouche malgré elle ! Nathan se frotta délicatement la pommette et lança un regard si noir, que le sans-nom pouvait aller sonner Pâques chez les Auvergnats. Il enfila son mantel avec diligence ne lâchant pas son regard. Puis il dit « Allez au diable Johanara ! Débrouillez-vous. Vivez dans ce trou à rat ! Je ne connais pas ce Jehan, notre famille était très bien dispersée. Mais votre égo mal centré a fait que vous l’avez rassemblé et maintenant vous en payer les conséquences. Rangez votre boîte à inepties elle vous apporte que des malheurs. La « Fashion Brouique » vaut bien mieux que vaut toilettes toutes plus extravagantes et laides les unes que les autres ! »


Nathan était juste vexé qu’elle le gifle en présence de sa tante. Très peu de personne pouvait frapper Nathan, ils pouvaient être compté sur les doigts d’une main. Il reprit plus énervé que jamais «
Au nom de Dieu, ne vous faites pas passer pour la victime de cette histoire ! Vous l’avez cherchée, cessez de vous voiler la face ! Aaah que je perds mon temps ici ! Vous n’êtes qu’une ingrate ! Je pars. »


Et c’est ainsi que le jeune blondinet replaça sur sa tête, telle une couronne ducale, son chapeau à plume. Tournant des talons il quitta la petite pièce en criant : «
Si vous devenez intelligente avant demain soir chère cousine. Venez me trouver à l’hôtel Saint-George. Je quitte Limoges dès demain. »


Ultimatum ! Avec Johanara rien n’était jamais simple, et leurs caractères ne faisant rien pour y arranger, il fallait toujours en venir aux extrémités.


Le jeune blond savait pertinemment que la tâche allait être ardue mais à ce point… La rousse avait pris du poil de la bête.


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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:12



La vielle tante était rusée. Elle les avait laissés donner de la voix, sans mot dire, presque tapis dans l’ombre. La rousse s’époumonait, le blond fanfaronnait, elle en avait l’habitude.

Et lorsqu’ils eurent meuglé de tout leur saoul, Almodie se plaça entre eux, avec l’air d’être la sagesse incarnée et les exhorta au calme :


Allons mes agneaux. Ne vous disputez pas. Nathan, ne dites point toutes ces vilénies à votre cousine. Baronne, ne vous emportez pas. Votre caractère est la source de tous vos maux. Ecoutez nous, apprenez. Nathan gère admirablement bien ses gens et sa maison.

Ce pécule que l’on vous promet de Bretagne est une bénédiction. Une aubaine ! Vous pourrez assoir votre position sociale, marier vos sœurs et leurs dots éblouiront n’importe Duc ou Marquis. Quant à vos enfants, vous leur assurerez prospérité et abondance. Je vous sais bonne mère. Je vous ai connu bonne épouse. Vous ne serez guère obligée


Elle fit une pause et planta ses prunelles grises dans les larges iris de sa nièce.

Faites la paix ma douce. Votre cousin vous aime et ne souhaite que votre bonheur. Dans un monde meilleur, vous vous seriez mariés tous les deux. Mais Nathan est déjà bien assez fortuné. Trouvez un petit seigneur, docile et beau garçon qui vous mènera jusqu’à l’autel. Puis payez le pour qu’il se retire en ses terres et que vous ayez la paix.

La jolie jeune femme bien que très contrariée, tendit sa main liliale vers son cousin qui affichait une adorable moue boudeuse.

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:13



L'irlandais eut tout juste le temps de virevolter sur le parquet ciré du couloir, le plumeau déjà en action sur un vase, rescapé des ventes à l’encan, sauvé par sa mocheté le bibelot, à la limite de fixer un nouveau degré dans l'immonde. Manny jette en regard en coin vers les mollets, moulés dans la soie, du blondinet s'éloignant à petites enjambées pressées, petites car décidément l'abus d'encaustique reste une marque de noblesse mais rend le sol un tantinet glissant, surtout lors, au bout de trois pas, le cousin, dans un envol de mantel, se retourne prestement et réintègre la pièce, fausse sortie mais vrai calcul à n'en pas douter. L'irlandais se permet un sourire discret, l'avantage du larbin c'est son invisibilité quasi constante, faut vraiment se foutre dans leurs pattes pour que les aristos calculent la domesticité, tant qu'ils n'en ont pas un besoin immédiat, et tant qu'elle semble affairée bien sûr.

Encore qu'il n'avait rien à redire sur la Baronne, une vraie agitée, de la langue en passant par les pattes et jusqu'au bocal, mais le cœur dans la pogne, facile de se faire embaucher, elle recueille, sans à y regarder plus avant, tout les traînes-savates ayant l'idée de siffloter un air affligé sous ses fenêtres, une vraie abèqueuse à pouilleux. Autant dire que le mot s'était répandu chez les mouscailleurs et les flemmardines à la vitesse des marées d'équinoxes, ça radine de tout les coins, une nuée des cafards affamés, prêt à boulotter tout les rogatons de ce festin de miettes à misère.

Ce qui a largement simplifié le travail de Manny, et apaisé d'autant sa tranquillité d'esprit, vu que décevoir le patron serait de la dernière bêtise, dernière au sens littérale. L'irlandais secoue sa tignasse avec affection, non pas un tendre le boss, mais au regard de ce qu'il a dégusté, il lui reste assez de mousse pour se tirer une tripotée de pintes. Et à l’œil encore.

En attendant de pouvoir regagner peinard ses quartiers, il essaye d'ordonner ce que son écoute attentive a glané. Y'a écrevisse sous galets, une question de mariage et d'héritage, bizarrement dans cet ordre, la Baronne s'en cogne, la tantine s'y accroche à plein dentier, et le cousin se pose en intermédiaire désintéressé. Enfin, il a surtout l'air de vouloir éviter que la Baronne se suspende à ses crochets. Du louche, mais qui va faire bicher le patron, va peut-être même le faire réagir, ce qui serait pas du luxe, déjà trois mois que Manny se coltine le service de la gironde rouquine, et il commence à avoir les esgourdes fatiguées, rapport à l'expansivité des vocalises de sainte Jojo.

Tout en continuant à épousseter vaguement l'abomination en céramique, il se questionne à nouveau sur l'intérêt de son boss dans l'affaire, au départ il pensait débarquer dans une sombre affaire de délicatesses affectives, du tire-larmes au vide poche, mais à force de lorgner sur les traits de la Baronne, une puce commence à lui grattouiller méchamment l'occiput, des chances que le pire soit envisageable, et qu'il se retrouve embringué dans un enfer très particulier, celui des affaires familiales.

Il étouffe un frisson, presque possédé par la nostalgie du gnouf, et de sa simplicité sanglante. En attendant il essaye de picorer encore quelques échos de voix, histoire d'étoffer son rapport hebdomadaire qu'un pigeon portera en Alençon, tout en songeant au dîner, ou à son absence, ces temps-ci la marmite a une nette tendance à sonner creux, et à sa future expédition nocturne dans les caves, à la recherche de boutanches oubliées par le museau des huissiers. Pauvre Baronne, dans tout les sens du terme. Mais Manny Caolan pressent pourtant que ça renifle à peine le début des embrouilles.


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Trois sortes d'hommes ne comprennent rien aux femmes : les jeunes, les vieux et ceux entre les deux.
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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:15



« Choisir c’est renoncer. Entre la liberté et l’aisance, j’ai choisi de me couper les ailes, plutôt que les vivres… » La Baronne

La jeune noble cessa soudain de gesticuler. Le trouble ombra un instant ses mirettes tandis qu’elle fixait son cousin qui s’était derechef égaré en diatribes.

Etait-elle vraiment responsable de ce marasme ? Aurait-elle mieux fait de demeurer en son Castel à Lignières, seule, sans tendre la main à son prochain, sans chercher à réunir sa fratrie ? Pourtant, malgré le pécule fuyard et la monnaie facétieuse, sa famille lui apportait un ravissement incommensurable.

Le sacrifice lui paraissait à présent envisageable. A mesure que son cousin l’acculait, son cœur se serrait de culpabilité. Et lorsque vint le tour d’Almodie Jacquemine de Pince Alouette –Je ne me lasserai jamais d’écrire son doux nom- elle joua, pernicieuse, sur la corde sensible : l’instinct maternel de la Baronne.

Bien qu’elle n’ait jamais tenu particulièrement à enfanter, la Flamboyante se voulait corps et âmes dévouée à sa rousse progéniture.

L’amour d’une mère, à nul autre pareil …

Surtout pour la petite Daria. Non pas qu’elle l’aimait plus que son fils aîné, mais Alexander était un enfant légitime, alors que Johanara avait jeté dès sa naissance, l’opprobre sur la poupée âgée de 6 ans à présent.
Fruit des amours clandestines de Messiah de Penthièvre et de la Baronne, cette dernière tentait de rattraper l’ignominie de la naissance d’une bâtarde en la maintenant loin des turpitudes de la vie. Daria, ainsi que le reste du monde, se pensait la fille de Valezy d’Emerask grâce aux mensonges éhontés de sa mère.

Il lui fallait défier le Destin qui avait fait de sa princesse, une vulgaire bâtarde. Si ce simulacre de mariage pouvait la rendre riche alors il fallait au moins y réfléchir.

Qu’avait-elle à perdre ? L’amour n’était-il autre chose que le sublime mensonge de deux êtres qui voudraient se donner l’un l’autre un bonheur auquel chacun d’eux ne croit plus. Si Johanara avait connu les folies d’un amour absolu, elle n’y croyait guère à présent.

A 21 ans, le roman de sa vie semblait clos. On la menait en pâture, on la sauvait d’elle-même. Johanara se rêva martyr un instant et songea à son épitaphe : « La femme qui épousa un bulot pour sauver sa famille . »

Triste sort.

Mais avec toute la thune qu’elle allait se faire, la pierre tombale serait d’or !

Nathan fulminait le regard empli de courroux, elle sourit attendrie de voir la mignonne frimousse déformée par les brimades et l’ire.
Une main tendue en signe de drapeau blanc…

Et des mots assenés en guise de défaite.


J’y consens. Je sens déjà les émanations froides et humides de la terre où l'on creusera ma tombe .

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:16



« Je suis l’objet de toutes les convoitises ! Considérons cependant qu’objet est ‘être’, sinon ce serait trop péjoratif ! » de Nathan.



Nathan était déplacé et repositionné tel un objet à la guise de ces dames, puis rattrapé comme un vase de porcelaine d’une valeur sentimentale élevée ou d’un poids économique important. Quoiqu’il en soit, il était revenu à sa position de départ. Nathan avait toujours occupé une position délicate à tout point de vue, qu’il mettait en valeur avec un déluge d’idées piquantes et originales, faisant de sa famille des spectateurs de sa vie tout en étant quémandeurs de sa fortune. Il aimait donner de son argent pour le rappeler après, mettant ainsi dans l’embarras plus d’une personne. Il avait brillé dans les affaires malgré son jeune âge et de ce fait il était en position de force dans les litiges familiaux.


Le jeune blond devait tenir tête à la baronne, personne ne le faisait et seul lui le faisait avec tant de prestance, il la connaissait par cœur, de long, en large et en travers. Johanara n’était pas sa cousine pour rien, l’air de famille se faisait surtout entendre, autrefois en Berry aujourd’hui en Limousin et après ? Qui sait ce que l’avenir nous réserve, Nathan n’étant pas de ceux qui croyait en une destinée croisée, trouvant frustrant le fait de ne pas être aux commandes de sa vie.


Johanara s’était calmée, capitulait-t-elle ? Non, elle donnait toujours le dernier coup, qui se fit sentir dans une capitulation avec des paroles ironiques. Comment pouvait-elle refuser de gagner de l’argent ? Il y avait toujours eu un fossé entre eux concernant cet épineux sujet, pour Nathan l’argent était capital alors que pour elle, il était secondaire. Tout cela animant de vifs débats lors des repas que les deux considéraient comme des terrains de jeux envahit par la nourriture.


Elle tendit la main, c’était amusant, elle le faisait pour toute la racaille, partant de ce principe, son expression faciale montra un dégoût très prononcé. Se demandant pourquoi au final il était là, alors qu’au final elle manierait le tout à sa sauce, comme elle manie si bien la volaille lors des festins. Donc une ironique capitulation, une main tendu et en conclusion de cette monstrueuse symphonie, Nathan avec pragmatisme et lassitude : «
Ma chère cousine, je savais que vous n’étiez pas sotte. Vous avez assurément fait le meilleur des choix possible en acceptant de prendre mari. On aurait pu se marier, mais cela se serait conclu par un suicide de l’un de nous deux. Il est évident que nous sommes juste fait pour être cousin. Avec une affection qui dans bien des cas nous a fait sourire. »


Il arrêta de parler et esquissa un sourire. Elle était, elle aussi, l’objet de toutes les convoitises et naturellement l’objet chez elle était un être profondément remarquable, ayant façonné un tantinet Nathan.


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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:17



« Juste cousins ? Il y a quelques années, vous ne disiez pas ça, résidu de poulpe blond ! » La Baronne


- En Berry , l’adolescence… Souvenirs. –

Etendue dans les hautes herbes, la jolie pucelle tenait de la dextre une petite Margueritte, et de la senestre, la main de son bien-aimé cousin qui partageait tous ses jeux et ses confidences depuis qu’elle était sortie du couvent.

Enfant malingre, à la tignasse écarlate et aux genoux cagneux, essuyant quelques quolibets, Johanara ne comprit guère l’engouement soudain et féroce de la gente masculine à son égard.


Cousin ? Tu as déjà embrassé une demoiselle ? Je t’avais déjà dit que ce merveilleux vicomte me contait fleurette mais j’ai peur de lui offrir un baiser… Si je le faisais mal ! Entrainons-nous, veux tu!

Le tout jeune homme s’empourpra, et commença par protester. Mais déjà la rouquine collait ses lèvres charnues et purpurines à la lippe du pauvre bougre qui ne souhaitait pas la contrarier, ses colères étant déjà à l’époque, immodérées. Ils se volèrent mutuellement leur premier baiser.

Ce n’est pas désagréable. On met la langue pour voir ? … Mais on la met où ? J’essaie, ouvre grand ! Norf, je sens tes dents c’est rigolo !

Quelques années s’écoulèrent, le blondinet succomba aux charmes baronnesques. Leurs baisers n’étaient plus ceux de deux enfants mais la belle l’éconduit. Pour mieux revenir plus tard. Mais ce fut le tour de Nathan de se dérober, son cœur battant ailleurs. Auraient-ils été heureux en ménage ou comme l’assurait Nathan, l’un d'eux serait mort, assommé par les palabres incessants de l’autre. Et vice versa.


- Limoges, De nos jours.

La Baronne s’était murée dans un mutisme inquiétant, pour qui la connaissait elle, et son babillage incessant. A présent qu’elle avait capitulé, sa tante pavoisait. Et s’égarait en détails futiles comme l’organisation des épousailles ou le choix de la robe de mariée.

La belle s’avança, altière, le regard déterminé si bien que ses prunelles semblaient de glace. Les mains sur ses hanches chaloupées, elle annonça le ton morne :


Je vous arrête immédiatement. Nous ne fêtons rien. Il n’y aura ni champagne, ni cotillons, ni air de cornemuse ! La cérémonie sera dépouillée, je porterai mes frusques les plus laides et je n’inviterai personne ! Vous deux par contre, serez là ! Et assisterez à mon assassinat !

Si de par sa physionomie, la grande rousse sculpturale semblait conforme aux héroïnes des tragédies grecques, elle en avait le verbe et le geste, portant la main à son front d’albâtre ou à son sein pour mieux montrer que son palpitant souffrait de toutes ces péripéties.

De plus… J’accepte cette mascarade soit. Mais je refuse de m’engager dans cette histoire grotesque plus avant. Prévenez moi ma tante lorsque vous aurez trouvé celui auquel vous me livrez en pâture comme un vulgaire gibier.

J’ai cependant quelques exigences.


Pour sûr qu’elle en avait, la diva capricieuse. Elle exigeait pour tout à dire vrai. Et bien souvent les revendications étaient fantasques. Par exemple… le vendredi elle ne portait que du rouge et se nourrissait exclusivement de potirons. La nuit tombée, elle insistait pour que les domestiques soufflent les bougies dans un ordre bien précis, sans se soucier du labeur supplémentaire que cela impliquait. Une fois par an, elle attendait de ses gens et de sa famille qu’ils prennent un bain parmi coquillages, poissons et autres créatures marines qui peuplaient le Castel de Lignières et à qui Johanara vouait une grotesque adoration.

Alors tout d’abord le cheveu. Très important ! Il faut qu’il les porte longs. On ne m’accusera pas du ridicule de m’être unie à un crâne d’œuf. De la matière ! Roux, pour sûr ! Cuivré ou blond si vraiment aucun rouquin ne fait l’affaire.

Ensuite…


La tante prit son calepin avec un soupir. Un regard fut échangé avec son neveu. La nuit promettait d’être longue…

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:18



« Certes, mais, ma première maxime me dit de ne pas revenir vers les personnes vous ayant éconduit. Versatile, il faut croire que je veux et ne veux pas à la fois. » De Nathan.



Ils avaient réussi, la baronne était disposée à se marier une nouvelle fois. Cela n’avait pas été une mince affaire, bien au contraire. C’était devenu la principale priorité du jeune blond, ne voulant de nouveau sauver Lignières de la faillite. Bien évidemment lorsque Johanara acceptait quelque chose par main forcée, elle se devait d’être invivable. Et c’est ainsi que la liste débuta, Nathan affalé dans un fauteuil en velours ponceau, un verre de Whisky d’importation écossaise, faisait la liste avec sa tante.


Nathan passait les feuilles du calepin en revu, c’était tout simplement irrationnelle, énervé il dit : «
Mais enfin ! C’est quoi cette demande aberrante ! Et celle-là, han et elle ! Elle se paie de notre tête ! »


Il était aisé de comprendre Nathan lorsqu’elle demandait que son futur époux devait avoir exactement et sans un écu de plus 24963 écus ! Ou qu’il devait se nourrir exclusivement de viande et qu’il devait posséder une pisciculture en face de la cathédrale de Bourges. Irrécusablement il ne voulant dépenser un denier dans l’histoire et tout en ne voulant pas supporter la vision de sa cousine qui serait devenu une sébile.


Au final sa tante lui demanda de la seconder pour lui trouver un mari décent. Nathan était prêt à passer quelques jours à Limoges, trouvant que cette ville avait un certain charme. Que bien évidemment Nathan traduisit par un soupire. Mais heureusement, il pourrait loger dans un hôtel très confortable où il serait entouré par le luxe et baignant dans le faste Nathanesque. Mais, cette courte pensée fut entravée par un complot, une ligue à son égard ! Les domestiques de la Rousse avaient déjà monté ses bagages dans ses futurs appartements. Rouge de colère il augmenta le ton : «
Johanara ! Je vous déteste ! C’est un complot, vous souhaitez me faire souffrir ! Vous méritez la … »


Il s’arrêta de parler sachant qu’on ne souhaitait pas la mort de quelqu’un et surtout pas de sa cousine. Il conclut en disant : «
J’espère que mes appartements seront confortable. Je suis comme qui dirait, allergique à la pauvreté et au manque de confort. Si le repas est répugnant, je ferais venir un cuisinier. Il saura réactiver vos papilles endoloris par l’immondice de cette maison ! »


Et le jeune blondinet poussa un fort soupire, ne voulant pas loger dans une maison si disgracieuse.


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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:19



Le sourcil haussé, l'Almodie, écoutait sans broncher les palabres et les revendications saugrenues de sa folasse de nièce.
Pour sûr Johanara tenait en tout de sa mère, Charité Claire d'Ambroise, qui sur un coup de tête décida un jour d'abandonner mari, enfants et domaine pour s'engager dans l'armée en tant qu'infirmière bénévole.

La vielle tante pria en son for intérieur pour que la Baronne ne soit pas vouée à la même fin tragique et qu'elle leur épargne le déshonneur d'un second abandon familial.

Quelques semaines plus tard, la tante croulait sous les lettres et les rendez-vous. Elle avait mandé son petit-neveu Alexander afin qu’il puisse avoir son mot à dire sur le choix de son futur beau-père.

Des 420 pages dictées par une Johanara revêche et d’humeur farceuse, Almodie ne garda rien. Ou presque. Ses critères à elle étaient bien définis :

Chevelu. Du coin. Noble. Et soucieux d’avoir des héritiers.

Car Almodie semblait surtout en désaccord avec sa nièce sur ce point. La belle rousse n’avait cessé de psalmodier entre deux desiderata absurdes que la seule chose qui la répugnait vraiment était de porter un autre enfant. Or sa vieille tante avait de tout autre projet pour la rouquine. Une famille nombreuse, des héritiers en veux-tu en voilà pour dilapider l’immense fortune qui serait bientôt celle des Ambroise.Un foyer, et surtout un homme de caratère avec du répondant pour contenir son enragée de nièce.

Il fut une époque, et Almodie s’en souvenait avec une certaine nostalgie, où Johanara était douce et bienveillante, bien plus encore qu’aujourd’hui. Son mariage avec Valezy l’avait transformé en une femme accomplie et épanouie. Et la femme savait comme Johanara pouvait faire une bonne épouse : aimante, à l’aise en société, et surtout fidèle !

Cet après-midi, ils recevaient le Baron de Saint Ruban et Almodie avait pour l’occasion tenté de rendre la maison du cousin Jehan plus agréable. Elle voulait aussi s’éviter les remarques cinglantes de Nathan qui ne cessait de gémir sur la simplicité des lieux.

Et le Baron fit son entrée…





Euh ???



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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:20



Le Baron de Saint Ruban n’était pas bien grand. Debout et sur la pointe des pieds, sa perruque blonde aurait à peine pu chatouiller la poitrine opulente de l’élancée Baronne.

Disons le franchement c’est un nabot ! Il compensait sa petite taille par d’horribles talonnettes et par une vêture des plus extravagantes qui lassèrent notre « jury » pantois.

Jamais nom ne fut si bien porté. Des fanfreluches, des nœuds, des boutons d’or et de nacre, une grotesque chemise à jabot d’un rose des plus criards dont le tissu se rependait, cascade de dentelle indécente, sur tout le petit torse de l’individu.

Il marchait le museau à l’air, plus fier qu’un coq. C’est que feu son père lui avait toujours dit de compenser la carrure, par un orgueil démesuré. Quelques frisettes blondes encadraient un visage qui aurait pu être plaisant s’il n’était pas fardé à outrance.


Le Baron s’empara prestement de la main gantée de la noble dame qui l’accueillit et la baisa à maintes reprises. Il ne connaissait guère cette famille, encore moins le limousin, mais la rumeur s’était rependue comme une trainée de poudre, la femme qu’on y mariait, serait sous peu, immensément riche.


Quel plaisir, quel heur, de faire icelieu votre encombre gente dame ! Ma mignotte, je vous promets des épousailles for réjouissantes ! Oui ma Joliette, vous paraissez dame d’expérience, et moi, certes petit par la taille, je vous assure que l’pendeloche lui, est fort impressionnant !

La pauvre tante Almodie tenta de récupérer sa main pleine de bave, sous les regards outrés de Nathan et les gloussements for peu discrets d’Alexander.

Vous déraisonnez, Baron. Je suis la tante de la fiancée. Etes-vous assez sot pour croire que je suis en âge de convoler vers d’autres noces. Assez de simagrées, parlez-nous plutôt de votre pécule et de votre domaine. Avez-vous des charges ? Votre famille est assez active en Champagne si je ne m’abuse.

Le Baron lâcha la main ridée pour poser ses mirettes fardées aux alentours.

Je suis rassuré. J’affectionne plutôt la chair fraîche. Ou est-elle la ravissante caillette ? Ma godinette montrez vous, le Baron va vous apprendre à jouer du ruban !

Il n’en fallut pas plus à l’Ambroise, pour apparaitre de l’office où elle s’étranglait d’indignation à épier l’impudent et sa famille. Un casseron bien en main, chipé sur les fourneaux, quelques restes de soupes crépitant encore à l’intérieur, la belle s’avança vers le nabot, les yeux brillants de courroux.

Je jure d’occire ce lombric à dentelle, ce grelot à fanfreluches s’il ne quitte pas les lieux immédiatement !

Mais déjà le Baron fondit sur elle, et comme on vous l’a dit plus avant dans le texte, il est pile poil à la bonne hauteur !

Oh ma mie ! Les jolis pis que voilà ! Oh les adorables tétins ! Pourriez vous faire un tour sur vous-même enchanteresse créature ? Que je puisse jauger si le crépion vaut les mamerons !

Johanara l’assomma avant de vider le reste de la soupe de navets sur l’odieuse chemise.

Fredain ! Miasme à rubans ! Empaffé!! Fot-en -cul ! Sottard ! Verrat lubrique ! Alexander de grâce, fichez le moi dehors, ce ver luisant à jabot, ce vuiceux, ce paillard, ce débauché ! Dehors vermine avant que je ne te pende par les pices !


[hrp]En vert : Le Baron du ruban, en rose : Johanara, en violet : La tante Almodie. [/hrp]
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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:23



Œdipeux, mais Œdibien


Pouffant de rire lorsque le ridicule bonhomme se répandit en compliment baveux sur la main de la belle tante, le Rouquin changea d'attitude lorsque l’enrubanné plongea le nez au beau milieu du giron maternel.
Mais avant qu'il ait pu réagir, sa mère avait surgi comme un diable de sa boîte, l’assommant avec une soupière, et lui déversant le tout sur la tête.
Bien bien, elle réquisitionnait à présent son fiston pour reconduire le rigolo vers la sortie...
Elle en avait de bonnes, elle, il était tout couvert de soupe et de navets, écroulé au sol, heureusement inconscient.
Heureusement pour lui, oui parce que le fiston, contrairement à la mère n'en avait pas fini avec cet impudent.


"Des pis... des tétins... il se croit à l'étable, le pourceau?"

Le rouquin saisit le baron par les poulaines -décidément, il était ridicule jusqu'au bout des pieds- à talons compensés.
Il sortit de la pièce, traînant son fardeau au sol, puis descendit un escalier...


*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*bom*

Vingt et une marches, vingt et une fois, la perruque rebondit sur les marches de chêne, et la tête avec bien sûr.

"Ohhh, mais c'est qu'il a la tête dure, notre petit bonhomme... et le rythme dans la peau, dirait on.
Vous dormez? Hum, on dirait bien."


Docile envers sa mère, Alexander traîna maître ruban jusqu'aux écuries, son cheval devait s'y trouver, ou son âne, ou sa chèvre, peu importe...
Puis, comme il était serviable, il décida de nettoyer un peu la soupe de navets qu'avait renversé sa mère.


*Plouuuuffff*

Un bon bain dans l'abreuvoir, voilà la solution à tout, le réveiller et le nettoyer en même temps!

Profitant de hébétude du baron, le rouquin le remit en selle en lui accordant un léger espoir de revoir sa protégée de mère...




"Vous vous êtes trompé de jour, Baron... Lorsque nous passerons des auditions pour embaucher un bouffon, je ne manquerai pas de vous écrire."

Puis il se fit plus tranchant :
"Partez maintenant, et sachez que je trancherai net la partie de votre corps qui touchera ma mère, si vous vous y risquez."

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:23




Une commodité chez les rupins, c'est la taille de leurs baraques. Pas si difficile de s'y dénicher un coin isolé afin d'y poursuivre ses expérimentations. L'inconvénient de leurs vacheries de castels, des manoirs à romantismes lierreux et autres castieau à pieds, c'est de se fader un paquet de lieues par jour, entre les allers et retours, les imprévus au détour des couloirs, les zigs occupatifs et les zags évitatoires, faut des semelles de vent, et respecter un impératif : éviter au maximum les contacts directs auprès des employeurs et leurs relations. Ils adorent confier des tâches impulsives, souvent inutiles, toujours hors de propos, conçues, avec une magnifique improvisation intuitive, pour engendrer le chaos absolu. À leurs grandes rages postérieures.

Manny, un tantinet agacé d'avoir été piégé comme un écureuil de printemps, ouvrir la porte principale sous prétexte de cloche agitée, erreur digne d'un novice, s'avance dans la cour, vers le fils de la Baronne, congédiant sèchement un cavalier, l'habit flasque et la perruque dégoulinante, doté de l'assiette d'un âne. L'irlandais prête un œil vaguement débecté à l’abreuvoir, de l'eau claire et propre pour les chevaux, il y tient, va falloir qu'il se coltine de changer la flotte, rien que le maquillage a dû lui donner un sale goût.


Vôtre grâce ? Y'a encore un michto à la lourde, doit passer un entretien 'vec la Da... Baronne. Une histoire d'arrangement de mariage.

Il désigne la baille, clapotis contre la pierre taillée, d'un pouce précis.

J'vidange maint'nant où j'attends la fin du défilé ?

Le Baron de Saint Plic-Ploc Mes Rubans s'éloigne un peu avachi. Manny Caolan hausse une épaule interrogative, dans l'odeur de la soupe aux navets.

_________________________________________

L'Anglais rassasié, l'Ecossais affamé, le Français assoiffé, l'Irlandais enivré sont dans leur meilleure condition. A l'inverse...
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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:24



La Baronne s’approcha du valet irlandais, ses mains liliales quelque peu tremblantes. Ce misérable baron à rubans l’avait vraiment courroucée !

Mon fils est dans un tel état qu’il ne vous a guère entendu, Manny. Laissez là l’abreuvoir, comme vous dîtes nous recevons un autre hurluberlu, et je gage qu’il finira au même endroit !

Elle lui adressa un sourire avant de le laisser à son office. La Baronne respectait l’Irlandais qui depuis des mois, accomplissait son travail avec brio, sans se faire remarquer outre mesure.

Contrairement à la valetaille qui lui était coutumière, Caolan était efficace. Il n’avait rien cassé, ne s’était pas querellé avec les autres et n’avait pas engrossé la bonne. De plus il ne restait pas comme un nigaud les bras ballants devant elle ou à traîner dans ses jupes lorsqu’elle semblait en pleine aatie.


Revenant vers sa famille, la Baronne poussa un profond soupir pour leur manifester son mécontentement.

Qu’allons-nous subir à présent ? Un Eshanché ? Un Garol ? Pffeuh. Je vais aller lire quelques niaiseries, prévenez moi quand le prochain arrivera.

Quelques heures plus tard, c’était elle, la niaise ! La vision du jeune homme qui se tenait devant eux, accéléra la course de son palpitant! Ses mirettes s’agrandirent tandis qu’elles caressaient l’éphèbe qui s’inclinait avec respect.

Le beau noble avait tout ce que Johanara affectionnait chez un homme, de prime abord. Grand, la carrure imposante, les épaules larges… La mâchoire carrée, le regard d’acier… Et une abondante chevelure auburn qui dansait sur un front d’airain.

Gille de la Tourette, vicomte artésien à la peau légèrement hâlée comme du pain d’épice était en passe de faire tourner la tête de la Baronne d’un simple sourire. La rouquine semblait avoir mille petites bulles pétillantes dans les yeux qui éclatèrent une à une lorsqu’il se saisit de sa main pour la baiser.

Ma dame, je suis votre humble serviteur. Votre beauté m’a été vantée à maintes reprises, mais la vérité est … Dans l’cul ! Met la lui dans le cul ! …. au-delà de toute description.

La Baronne retira sa main avec un petit cri ébahi. Avait-elle bien entendu ? Secouant le chef, elle se plut à penser que son esprit détraqué lui jouait des tours et que le galant n’aurait jamais prononcé de telles ignonimies.

Nous sommes heureux de vous recevoir, Vicomte. Pour ce qui est…
Malepeste, que diantre faîtes vous ???


Le voilà qui se cognait la tête contre son bouclier sous le regard effaré de la mesnie Ambroise.

Je suis on ne peut plus ravie, Baronne. Veuillez recevoir… Bande de salauds ! Sus à la racaille ! Je vais vous tuer ! Vous tuer ! ces quelques lys en gage de mon éternelle affection.. Puterelle ! Je vais te secouer la lanterne ! Ribaude ! Crève charogne ! Crève !

Le vicomte eut beau expliquer qu’il était atteint d’un mal incurable, Johanara piétina les fleurs en hurlant qu’on voulait sa mort, qu’elle ne se marierait jamais et qu’elle détestait la terre entière !

A l’abreuvoir maraud ! Venir icelieu vous pavanez avec votre minois angélique et votre torse large comme trois hommes ! Hors de ma vue charlatan ! Imposteur ! Attendez ! Laissez-moi-vous regarder encore un instant ! Mon dieu qu’il est doux à l’œil le gredin… Dehors !!! Dehors !!!!

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:25



Affalé dans le fauteuil de velours, surement la seule chose qu’il trouvait suffisamment confortable pour son délicat séant dans cette maudite maison, Nathan suivait l’affaire de très près ! Verre de whisky à la main. Il buvait trop ? Oh que oui, avec une telle famille ! Le jeune blondinet n’était pas au bout de ses peines, les prétendants commençaient à arriver. Et même si sa fortune était en jeu indirectement, il refusait que sa cousine se marie avec un homme qui ne l’aime que pour son argent.

Nathan affectionnait grandement sa cousine et ne voulait pas la laisser aux mains d’un intéressé, d’une brute ou d’un impuissant… Impuissant par contre… Non parce qu’il y avait déjà Alexander, et ce n’était pas le grand amour. Ce qui est un peu normal à la vue de la relation qu’entretenaient la rousse et le blond. Et surtout la dernière soirée en taverne. Nathan gardait définitivement ses distances avec le mini-roux.

Il but une gorgée. Et regarda Johanara piquer une crise. Il ne disait rien, toujours choqué par les deux anciens prétendants. Il pensait avoir tout vu, mais il y avait encore plus d’illuminés à Limoges qu’à Bourges. Il attendait de voir la suite, et veillerai que son prétendant soit parfait foy d’Ambroise !


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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:26




" Quel hasard incroyable mes enfants! Si j'avais su! C'est la Destinée, vous dis je! La Destinée! Et j'en suis l'instrument! " Almodie.


La vieille tante n’en pouvait plus de l’humeur massacrante de ses neveux. Nathan n’en finissait plus de pester et Johanara allait tous les rendre fous à force d’hululer comme une démente.

Parallèlement à ses recherches au sein de son cercle de connaissances, Almodie se rendit au cabinet de Violette, l’entremetteuse. Cette dernière serait peut être en mesure de leur trouver la perle rare.

Epluchant plusieurs annonces, irritée par les niaiseries parlant d’amour et de petites hirondelles, elle écarta tout d’abord la roture, puis la noblesse qui logeait au fin fond de la campagne française ou d’ailleurs.

Elle finit par trouver une lettre qui accapara toute son attention. Sans savoir évidemment que l’énergumène connaissait for bien sa nièce ! Parfait, ce seigneur lui semblait parfait !
Almodie arracha l’annonce et la glissa dans sa besace après s’être assurée que personne ne la voyait.


Citation :
De nous, Balian Montbazon-Navailles Seigneur de Ferrassières,
A vous, Dame Violette,

Dame,

J'ai longuement hésité à vous écrire et voilà qu’enfin que je me décide.
Mais si vos lettres parlent souvent d'amour, sachez que la mienne sera quelque peu différente.

Je suis veuf depuis de nombreuses années maintenant, et l’on peut dire que j'ai connu quelques expériences qui n'ont point abouti, me faisant perdre quelque peu mes croyances en l'amour véritable. Je ne suis donc point à la recherche de cela.

Pour me décrire en quelques mots, je dirai que je suis un Seigneur qui approche la quarantaine. Je suis père de 3 enfants, tous illégitimes en mon grand regret. Ils vivent à mes côtés à Limoges, capitale du Limousin et de la Marche, Comté dans lequel j'exerce la fonction de Juge actuellement.

Pour ce qui est de la raison de cette lettre, elle est simple. N'étant plus de prime jeunesse, je ressens le besoin d'assurer une descendance enfin légitime par le biais d'une union sacrée devant le Très-Haut.

Je recherche donc une jeune femme, noble, qui soit en mesure de me donner ce que je recherche... un héritier. Au vue de mes engagements au sein de mon Comté, il faudrait qu'elle m'y rejoigne et soit disposée à veiller sur notre foyer et nos terres. Son caractère m'importe peu du moment qu'elle connaisse son rang et sache se tenir lors de nos apparitions publiques. S'il s'avérait qu'elle ne soit pas dépourvue de formes et qu’elle ne soit pas trop vilaine à regarder, cela constituerait un atout non négligeable. Une dose d'humour faciliterait également la cohabitation jusqu'à nos vieux jours. De mon côté, je m’engage à la respecter et à toujours faire preuve de l’attention qu’un époux doit à sa femme.

Je me tiens à votre disposition pour toutes questions supplémentaires.

Bien à vous,
Balian Montbazon-Navailles
Fait à Limoge le quinzième jour du mois de septembre MCDLX



Le tact… Ou l’Art du mensonge. Almodie ne dirait rien des folies de sa nièce, de son refus d’enfanter à nouveau, de ses attentes ridicules et de ses revendications grotesques. Encore moins qu’elle comptait chasser l’époux de sa demeure moyennant une belle somme… Sur le velin, Johanara serait la parfaite épouse…

Citation :
A Balian Montbazon-Navailles Seigneur de Ferrassières,
D’Almodie Jacquemine de Pince Alouette.
Mes sincères salutations.

Si je prends la plume aujourd’hui c’est pour répondre à l’annonce que vous avez passé chez Dame Violette, notre marieuse nationale.
Pas pour moi personnellement. Je suis une dame âgée, qui a survécu à trois mariages, c’est bien assez !

Mais j’ai en charge de trouver un époux à l’une de mes nièces.
Tout d’abord sachez que parmi les moult annonces que mes yeux fatigués ont parcouru, la vôtre est vraisemblablement celle qui nous convient le mieux.

Ma nièce est veuve aussi et ne prétend point faire un mariage d’amour. Nous lui cherchons un compagnon solide et de bonne famille pour l’aider à gérer ses terres et l’immense fortune qui sera bientôt sienne.

C’est une jeune femme qui vient tout juste de fêter ses vingt et un printemps. Elle a deux enfants adorables qui s’entendront très certainement avec les vôtres. Elle est donc fertile et vous donnera de nombreux héritiers. C’est une très bonne mère qui aspire à avoir d’autres enfants à chérir.

Sa famille jouit d’une bonne réputation et de nombreux fiefs. Vous parliez du Limousin ? Quelle charmante coïncidence, ma nièce projette de s’installer dans votre belle région très prochainement. C’est aussi l’une des raisons qui m’a poussé à vous écrire, ma nièce et moi-même ne concevons pas qu’une épouse vive loin de son mari. Comment pourrait-elle dès lors prendre soin de lui et de sa descendance ?

Quant aux attraits physiques de ma protégée, le Très-Haut l’a pourvu for généreusement. C’est une jeune femme d’une incroyable beauté qui fera honneur à votre nom. Très grande, les courbes sont généreuses, la taille est fine, le minois est fort joliment dessinée. Ses cheveux sont sa plus grande beauté et ses hanches larges vous conforteront dans la perspective qu’elle puisse porter votre héritier. Son sang breton* lui donne des yeux du plus doux des verts, une chevelure claire et une peau d’albâtre.

Cependant c’est une femme de caractère, qui a eu l’habitude du pouvoir et des responsabilités, mais elle a un grand cœur et n’est jamais la dernière à tendre la main vers son prochain.

J’espère que nous pourrons nous entendre, avez-vous des questions ?

Que le Très-Haut vous garde.

Almodie de P.A

Elle ricanna avant de sceller la missive. Quel beau ramassis de conneries!

[hrp]*Almodie étant bretonne, elle reniera toujours le sang berrichon de sa famille [/hrp]




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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:28



Alors que Balian pensait son annonce tombée aux oubliettes, voilà qu'en l'espace de deux jours, il avait recu deux lettres. D'abord une venant de Franche-Comté, ensuite celle d'une certaine Almodie de Pince Alouette.
Pince Alouette, bali avait sourit en voyant ce nom. Car sa cousine, chef de famille Montbazon, portait ce surnom Alouette dont Balian adorait l'affubler.

"Alouette gentille alouetteuh... alouette.. je te plumerai !!! "

Il avait donc ouvert la lettre déjà de bonne humeur, en se disant que peut être cette coincidence ferait que cette lettre serait la bonne.
Et au fur et à mesure de sa lecture, son sourire grandissait de plus belle.
La description qu'on lui faisait était presque trop belle pour être vraie.

Richesse, fertilité, bonne famille, terres, de beaux attraits physique, du caractère,...
Et en plus, elle semblait venir s'installer en Limousin.
Le montbazon cru rêver et s'empressa de répondre tout en se posant quelques questions.


Citation :
De nous, Balian Montbazon-Navailles de Ferrassières, Juge du Limousin et de la Marche,
A vous, Almodie Jacquemine de Pince Alouette,

Je vous remercie pour votre lettre.
Alors que je pensais mon annonce tombée dans les oubliettes de Dame Violette,
voilà qu'en deux jours je recois deux réponses.

La votre retient particulièrement mon attention, votre description semble si parfaite que celà me semble trop beau pour être vrai. Néanmoins, votre nièce a déjà des enfants, mais il est vrai que c'est gage de fertilité surtout que vous me dites qu'elle aspire à en avoir d'autres. Voilà un point des plus importants à mes yeux car j'aspire à avoir enfin un héritier légitime.

Si vous dites qu'elle vient justement s'installer en Limousin, cela semble parfait. Car étant impliqué au sein de mon Comté, je ne peux hélas que très rarement en sortir et je désire donc avoir une épouse qui accepte de venir me rejoindre. Je ne concoit pas de me marier si c'est pour vivre loin de mon épouse.. à quoi bon sinon.

Les traits physiques que vous me décrivez me donne tout à penser qu'il s'agit là d'une belle et ravissante jeune femme, qui serait apte à m'envouter. Le sang breton me gène un peu il est vrai, mais au vue de toutes vos descriptions je pourrai en faire fi. Appréciant également les femmes de caractères, du moment ou elles savent ou est leur place surtout lors des apparutions publiques.

J'ai deux questions à vous poser cependant :

Pourquoi n'est elle point à nouveau déjà mariée ? Au vue de votre description, les prétendants devraient pourtant être nombreux...

Et quand pouvons nous, nous rencontrer afin de peut-être conclure à un arrangement ?

Bien à vous,

Balian Montbazon-Navailles

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:29




" Assez Johanara ! Soit vous remontez la pente à mes côtés, soit je vous laisse une pelle pour creuser encore plus bas ou mieux, vous assommer vous-même avec !" Almodie

Almodie frétillait ! Elle le tenait le fiancé idéal pour sa folle de nièce ! Un noble avec les pieds sur terre pour freiner les envies fantasques de la jeune femme lunaire.

Mais hors de question d’en parler plus avant à Johanara. En effet… Sa bonne, la fidèle Mathilde était venue en secret dans ses appartements lui faire part du plan machiavélique de sa maîtresse. Johanara escomptait faire porter missive au prétendant afin de le décourager d’éventuelles fiançailles. C’est que la chambrière n’en pouvait plus de ripailler du chou-fleur à chaque repas.

Aussi Almodie garda t’elle l’identité de ce Prince Charmant secrète. De crainte que Johanara ne fiche tout en l’air !

C’est ainsi que l’échange épistolaire suivit son cours…


Citation :
A Balian Montbazon-Navailles Seigneur de Ferrassières,
D’Almodie Jacquemine de Pince Alouette.

Je me réjouis d’avoir de vos nouvelles. Et d’avoir suscité votre intérêt.

De prime abord, une jeune femme ayant deux enfants peut vous sembler un inconvénient, mais elle ne sera que plus attentive et prévenante avec les vôtres. Les jeunes mariées peuvent être d’un ennui, ma nièce vous épargnera les tracas d’une première grossesse lorsqu’elle portera votre héritier.

Avez-vous une demeure où l’accueillir à Limoges si elle devient votre épouse ? Peut-être que nous pourrions nous rencontrer une première fois chez vous afin de discuter et d’éventuellement passer un accord.
Ma nièce est très respectueuse des convenances, si son caractère impétueux vous comblera en privé, lors de vos apparitions publiques elle saura se faire discrète. Et elle saura vous montrer tout le respect et l’obéissance due à un mari.

Sa bonne éducation et sa grande piété l’ont poussé à porter le deuil plus d’une année. Elle ne voulait reprendre un mari trop tôt par respect pour ses enfants et pour la famille de son défunt époux. Ce deuil l’a beaucoup affecté mais à présent elle est prête à quitter le veuvage. Pour autant elle ne désire pas s’unir avec un de ces jeunes nobles prétentieux et pédants qui lui promettent monts et merveilles mais qui ne seront pas capable de l’aider à gérer ses terres, sa fortune et sa famille.

J’espère vous lire à nouveau prestement.


Almodie de P.A








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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:30



Balian n'en revennait pas.
Longtemps il avait espéré trouver une potentielle épouse... sans jamais trouver de "candidates" et à présent.. il ne cessait de recevoir des courriers..
Si Almodie semblait avoir réponse à toutes ses questions et mettre en avant la perle rare.. Il avait néanmoins recu également un courrier d'une Vicomtesse qui éveillait sa curiosité. Mais sa priorité restait à Almodie.. du moins pour l'instant.


Citation :
De nous Balian Montbazon-Navailles de Ferrassières,
A vous, Almodie de Pince Alouette,

Vous semblez avoir réponse à toutes mes questions et craintes...
Je possède en effet une demeure à Limoges : Rue de la Justine, numéro 20.
La batisse est assez grande pour accueillir ma future épouse.

Je pense que nous pouvons convenir d'un premier rendez vous afin de discuter d'un éventuel accord.
Je vous attend en ma demeure quand cela vous arrange.
Mais sachez également qu'une Vicomtesse a pris la peine de m'écrire elle aussi et que je tiens compte de sa... candidature. Néanmoins vu votre description, vous avez ma priorité.

Bien à vous,

Balian Montbazon-Navailles

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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:32



Une ombre fine hantait les couloirs de la demeure de sire Jehan, fuyant le bruit et les cris semblant monnaie courante dans ce palais de fous...

Fraîchement sortie du couvent dans lequel sa douce mère l'avait abandonn... cloîtr... enferm... hm... auquel sa douce mère, dis-je, l'avait confiée, afin de lui assurer une éducation digne de ce nom, la jeune Seleys avait encore du mal à se faire à cette liberté toute neuve, et surtout aux retrouvailles avec sa famille pour le moins spéciale.

Confiée aux soeurs avant ses sept ans et n'ayant point recroisé de membres de la famille d'Ambroise depuis lors, elle les avait pour ainsi dire oubliés.
Ce n'est que lorsque le couvent lui signifia qu'elle était désormais attendue chez sa soeur aînée que la jeune femme se souvint qu'une famille elle en avait effectivement une, quelque part.

Son arrivée à Limoges avait été discrète, à l'image de la demoiselle, qui se faisait bien moins entendre et remarquer que Johanara. Plus menue que son aînée, avec des cheveux d'un ton plus clair, bien que caractérisé tout de même par la rousseur familiale, et des yeux bleu azur presque toujours ouverts sur un air calme et contemplatif, Seleys semblait être le strict opposé de la baronne de Lignières au moins sur le plan du caractère. Sur le plan physique, elle était une beauté délicate au teint clair.

Cela faisait donc quelques semaines à peine qu'elle était de retour parmi "les siens", et à vrai dire pas un ne semblait l'avoir remarqué, mais cela n'était pas pour lui déplaire, lui laissant de longues heures de liberté durant lesquelles elle explorait la demeure, fuyant autant qu'elle le pouvait la fièvre et l'agitation qui semblaient avoir gagné ses occupants tout récemment et auxquelles elle ne voulait en rien se retrouver mêlée.

La jeunette s'était trouvé un coin confortable dans un petit salon moisi et feuilletait un vieil herbier trouvé au hasard d'une de ses explorations, assise sur une causeuse d'une manière qui convenait assez peu à une dame du monde, mais après tout, personne n'était là pour la voir.


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MessageSujet: Re: Octobre - [RP] Le Tact : Une Aptitude au mensonge...   Mer 31 Oct - 18:34



Claquement de porte. Verre brisé. Hurlements. Ou plutôt dans le sens inverse.
La Baronne quitta les appartements de sa tante, avec sa trogne des mauvais jours. Autant dire que l’humeur semblait des plus massacrantes et que les quelques domestiques qui la croisèrent dans les corridors rasèrent les murs de crainte d’être fichus en pal.
Mais quelle farce ! Quelle fumisterie ! Non content de vouloir la trainer chez un mufle qui osait faire le difficile, il aurait en plus fallu qu’elle se soigne sa mise.

« Tachez d’être agréable et de mettre vos atours en valeur. Le seigneur a d’autres propositions dont une Vicomtesse qui semble vous faire concurrence. Vous êtes plus belle que la plupart des femmes mais votre sale caractère vous perdra. Promettez-moi d’être docile. Et si vous ne parliez pas ? Contentez-vous de sourire et de hocher la tête à nos palabres. »


Ba voyons ! Jamais elle ne prendrait part à ce vaudeville, à cette comédie de mauvais goût ! Pour qui se prenait ce malandrin ? Oser évoquer une autre fiancée potentielle ! Oh elle le détestait déjà ! Le suint de limace ! Le verrat pernicieux ! La crème d’anchois !

Et non elle n’irait pas. L’Almodie n’avait qu’à se débrouiller sans elle. Ou mieux, laisser l’impudent épousailler sa vicomtesse.

Pénétrant dans l’un des salons de l’aile nord, au combien dépouillé et presque vide de meuble, son nez se plissa en découvrant l’une de ses sœurs cadettes. Assise comme la dernière des pécores, à lire on ne sait quelles âneries… Le fardeau. L’épine dans le pied. Johanara grommela. De toutes ses sœurs, Seleys étaient certainement celle qui l’agaçait le plus. Une égoïste qui ne se souciait jamais de rien. S’était-elle enquise une seule fois de la situation familiale ? Venait-elle seulement discuter après le souper ou proposer son aide ?

Ce que Johanara prenait pour de l’antipathie, était certainement de la timidité. Mais la baronne trouvait la blonde vénitienne condescendante à tous les regarder de haut sans jamais prendre part à rien.


Venez par là ma soeur .

La Baronne glissa une main dans la soie claire de sa chevelure ambrée avant de planter ses prunelles émeraudes dans les saphirs de sa cadette.

Vous allez me rendre un grand service. Notre tante va se rendre chez l’un des fiancés potentiels. J’aimerai que vous me représentiez. Soyez douce et raffinée. Montrez que vous avez un brin d’esprit. Assurez-leur que votre aîné possède les mêmes qualités que vous. Observez bien et rapportez moi tout !

C’est ainsi que quelques jours plus tard, la Tante Almodie en tenue d’apparat et la tendre Seleys débarquèrent chez les navets…

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